Pour faire le pont entre les francophiles et les francophones, l’organisme Canadian Youth for French a tenu une soirée sociale encourageant le dialogue amical.

Les anglophones, Calina Ellwand et Catherine Logan, s’entretiennent avec les Franco-Manitobaines, Chloé Freynet-Gagné et Stéphanie Demers.
Les anglophones, Calina Ellwand et Catherine Logan, s’entretiennent avec les Franco-Manitobaines, Chloé Freynet-Gagné et Stéphanie Demers.

Quelque 60 anglophones francophiles et Franco-Manitobains ont convergé, le 7 décembre dernier, vers la Maison des artistes visuels francophones, à Saint-Boniface, pour entamer un dialogue sur l’identité linguistique, les moyens de perfectionner son français et les difficultés des francophiles d’intégrer la communauté francophone.
Organisée par l’organisme Canadian Youth for French (CYF) sous le format de rencontres speed dating, la soirée a vu les participants se parler d’une brochette de sujets reliés à l’emploi du français dans la vie quotidienne.

« Les anglophones pouvant s’exprimer en français veulent approfondir leur connaissance de la langue, souligne la Torontoise et membre du conseil d’administration de CYF, Calina Ellwand. Souvent, les francophones ne s’en rendent pas compte. Ils nous répondent en anglais pour nous accommoder, croyant nous rendre service. C’est un des petits défis de tous les jours de leur rappeler de nous laisser nous exprimer en français, même si parfois nous trébuchons sur les mots. »

« Un grand défi, pour les anglophones issus des écoles d’immersion française, est de trouver des occasions de parler le français à l’extérieur de la salle de classe, souligne à son tour la Winnipégoise Catherine Logan. C’est difficile lorsque nous ne savons pas tout à fait où nous rendre pour pratiquer notre français. J’ai bon espoir que la CYF pourra organiser d’autres soirées du genre. »

| Défi identitaire

Même son de cloche chez la Winnipégoise Elisabeth Worden. « Après l’école, j’avais perdu contact avec la langue française, explique-t-elle. Ce n’est qu’au travail, lorsqu’un Tunisien a intégré nos bureaux, que j’ai pu m’exprimer davantage en français. Pourtant, j’aimerais plus d’occasions pour parler la langue. »

Selon plusieurs francophiles présents lors de la soirée, le plus grand défi est d’ordre identitaire.

« Plusieurs francophones sont surpris que je ne me considère pas francophone, étant donnée ma facilité à m’exprimer en français, indique Calina Ellwand. Or, mon identité culturelle est autre. De plus, je ne veux pas trop m’imposer, en prenant la place des francophones. Ils ont trop lutté pour leurs droits linguistiques pour que je vienne prendre trop de place. »

La Winnipégoise Chloe Carpenter estime pour sa part qu’il est possible pour une anglophone d’intégrer la francophonie, surtout au Manitoba.

« J’ai appris le français dans les écoles d’immersion et, au début, il était difficile pour moi de traverser la rivière Rouge et de participer à des activités à Saint-Boniface, explique-t-elle. Avec le temps, c’est devenu plus facile. Je siège au conseil d’administration du Conseil jeunesse provincial (CJP). Pour moi, être francophone, c’est vivre en français et faire des activités en français. Avec l’exogamie, il n’a jamais été plus facile d’intégrer la communauté, tout en vivant avec les deux langues, et en s’épanouissant dans les deux langues. »

| Tendre la main

Le président et fondateur du CYF, Justin Morrow, affirme que les anglophones voulant s’exprimer en français sont de plus en plus nombreux. « Nous voulons nous assimiler, lance-t-il avec humour. Notre organisme existe parce que nous voulons parler français, et nous exprimer avec autant de fluidité que les francophones. Au Manitoba, où la communauté francophone est présente depuis les débuts de l’époque coloniale, et où les organismes cherchent à agrandir l’espace francophone, nous pourrons tailler notre place. »

En effet, le CYF a tenu son assemblée annuelle, qui avait lieu du 7 au 9 décembre. Lors des rencontres, il a été question de planification stratégique, de recrutement de membres et de tendre la main aux organismes franco-manitobains. D’ailleurs lors de cette rencontre, La Liberté s’est associée à CYF afin d’inciter les membres du nouvel organisme à s’abonner à la version numérique du journal.

Et les partenariats risquent de se multiplier. En effet, « le 9 décembre, nous avons rencontré des représentants du CJP, de la Société franco-manitobaine, du Centre culturel franco-manitobain et du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba, explique Justin Morrow. Nous avons discuté de nos réalités respectives et des activités et stratégies qui permettront aux francophiles d’intégrer davantage la communauté. »

Daniel BAHUAUD

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour, je suis un étudiant en douzième a Springbank Community Highschool dans Alberta. En lire ton article, j’ai trouvé vraiment intéressant, les problèmes que tu touches dans ton éditorial sont les mêmes problèmes que nous façons dans l’Alberta comme des élevés d’immersion. Parce que je vie en Alberta, les mêmes possibilités n’existe pas que pour les élevés qui se résident dans les provinces avec une communauté forte de francophone. Tes idées sont vraiment utiles et vais vraiment aider ta province a expansé leur communauté francophone. Comme un élevé d’immersion, je trouve quand je voyage au place francophones, les citoyens essayent de parler en anglaise pour la faire plus facile pour moi a comprendre, mais a mon avis, les possibilités que nous avons pour pratiquer et établir un bon connaissance de la langue français hors de notre salle de classe. Je vous félicite pour avoir mis en place un programme pour expansé la communauté francophones de Manitoba et j’espère que dans l’avenir nous pouvons mettre en place un programme similaire dans notre province d’Alberta.

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