Mélanie, Raphaël, Julien et John Ferrer.
Mélanie, Raphaël, Julien et John Ferrer.

Noël est synonyme de religion, de rassemblement ou de cadeaux. La Liberté a demandé à différentes familles franco-manitobaines comment elles allaient célébrer cette fête.

Comme chaque année, le mois de décembre provoque son lot d’émotions. Le parfum du sapin qui envahit la maison, les courses effrénées dans les grandes surfaces, les chorales nocturnes, les rires des enfants… En un mot : Noël. Des festivités placées sous le signe de la réunion, mais aussi, de la tradition.

C’est parce que Noël s’inscrit dans le cadre d’une culture bien précise qu’il présente une si belle diversité à travers le monde. Et le Manitoba ne fait pas exception. Province colorée, multiculturelle, les communautés sont nombreuses et les coutumes changeantes. Parmi les francophones, entre les Franco-Manitobains de longue date, les Québécois, ou encore les nouveaux arrivants, les visages ne manquent pas et contribuent à la diversité de la communauté.

La famille St-Vincent-Gagnon, implantée au Manitoba depuis plusieurs décennies, entend ainsi célébrer Noël comme à son habitude… En famille et en musique. En effet, le soir de Noël, à 17 h 30, les murs de la Cathédrale de Saint-Boniface trembleront du chant de Jocelyne Gagnon et des sons de la guitare basse de son mari, Daniel St-Vincent. Durant la messe de Noël, leurs trois enfants, Katia, Miguel et Cabrel trépigneront quant à eux sur un banc, impatients de se rendre à La Broquerie, chez les grands-parents Gagnon pour déballer les cadeaux. La Broquerie qui se métamorphosera le temps d’une soirée en un vaste point de rassemblement pour la famille Gagnon qui verra 15 de ses membres se réunir pour le souper traditionnel.

Miguel, Cabrel, Katia, Daniel St-Vincent et Jocelyne Gagnon.
Miguel, Cabrel, Katia, Daniel St-Vincent et Jocelyne Gagnon.

Lors d’une soirée conviviale et pragmatique à la fois. « Chacun apporte quelque chose, pour ne pas que cela soit trop dispendieux », explique Jocelyne Gagnon. Pour les cadeaux, mis à part ceux livrés par le père Noël, la famille a également fixé quelques règles. « Chaque Noël, on tire le nom de la personne pour laquelle on offre un cadeau l’année d’après, raconte Jocelyne Gagnon. Pour chaque adulte, le cadeau est de 40 $ maximum et de 20 $ pour chaque enfant », une manière de couper court aux jalousies, tout le monde est logé à la même enseigne.

| 80 à table!

Encore plus nombreux, les Tétrault et Bonneville sont obligés de louer deux salles pour réunir les 80 person­nes de chaque côté. « On s’assure que chacun des 35 petits-enfants reçoit un cadeau du père Noël », raconte Louis Tétrault. Le père Noël, c’est un peu le bizutage chez les Tétrault, « c’est souvent le nouveau petit-ami du moment… », de quoi tester la solidité de leur l’amour naissant.

Après le grand souper de Noël, un représentant de chaque famille fait un bilan de l’année écoulée. « On se voit peu alors c’est le moment pour se mettre à jour », plaisante Louis Tétrault.

Pour le repas, ils font venir un pourvoyeur, puis partagent les frais. « Sauf chez les Bonneville, qui font la meilleure farce du monde », s’impatiente Louis Tétrault, dans l’attente du succulent souper.

| Chez les nouveaux-arrivants

À l’opposé de cette grande réunion de famille, chez les Ferrer, nouveaux arrivants de la France, ce sera plus intimiste mais pas forcément moins coûteux. « L’année dernière, nous avions dû tout racheter pour décorer la maison. On avait dépensé environ 250 $ », raconte Mélanie Ferrer. Désormais, chaque année, la famille achète « quelque chose de spécial pour compléter. On a donc trouvé des belles boules sur lesquelles on a fait graver nos noms. » Côté cadeaux, c’est également un réel investissement que Mélanie entend réaliser pour les festivités : environ 550 $, au total, pour ses deux enfants et son mari.
Une tradition qui tient à cœur à Mélanie Ferrer : la messe de minuit. La famille se rendra à l’église de la paroisse Précieux-Sang. « C’est étonnant, on n’y allait pas en France. Mais ici on retrouve des amis et je participerai à la chorale, lors de l’office.

Comme leur famille est loin, c’est avec d’autres couples de nouveaux arrivants français que la famille Ferrer prendra le repas du soir dans la tradition de leur pays d’origine.

Gayané, Stella et François Deval.
Gayané, Stella et François Deval.

Ainsi, François et Gayané Deval se joindront aux Ferrer le soir de la fête, accompagnés de Jean-Luc et Christine Soudier pour un moment de partage entre nouveaux-arrivants. Des festivités qui auront une saveur tout à fait particulière cette année car la sœur de François Deval viendra leur rendre visite pour la première fois. « Depuis notre arrivée, en décembre 2012, ce sera la première fois qu’un membre de notre famille vient ici, à Winnipeg », précise François Deval. Et si niveau budget, « c’est difficile en ce moment », le couple dépensera tout de même 300 $ pour les cadeaux et 200 $ pour les décorations. Et cela ne marquera qu’un prélude aux festivités à venir pour Gayané Deval. D’origine arménienne, la jeune femme entend ainsi retrouver sa communauté le 31 décembre à l’Hôtel Radisson, avant de savourer la journée du 6 janvier, beaucoup plus symbolique dans la culture arménienne. Preuve que Noël présente bien des visages, tout dépend de l’œil qui le regarde.

Manon BACHELOT, Chloé LE MAO et Thomas RICHARD

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