La Liberté ÉDITO

Par Jean-Pierre Dubé

@jeanpierre_dube

La Liberté du 15 janvier 2014

La stratégie pour changer la Loi sur la Division scolaire franco-manitobaine afin d’augmenter le nombre d’électeurs soulève des questions et des discussions. La proposition du 27 novembre sera de nouveau à l’ordre du jour des commissaires à la fin janvier. La DSFM souhaite mettre le nouveau mode d’élection en place pour le scrutin d’octobre prochain.

Les plus récentes élections ont été désastreuses en termes de participation. En 2010, un taux de 17 % a été enregistré dans le quartier Urbain, qui regroupe la moitié des électeurs potentiels. Lors d’une partielle dans l’Est en 2012, 15 % des inscrits ont voté. La légitimité est en cause.

La DSFM compte environ 5 500 électeurs aux termes de la loi actuelle. Elle voudrait doubler ce nombre en incluant les anciens diplômés et leurs parents, en espérant que ces personnes voteront. Mais si les ayants droit actuels votent peu, pourquoi de nouveaux électeurs voteraient davantage?

Au moment de la création de la Division scolaire il y a 20 ans, la question de l’habilitation de voter avait été vivement débattue. La solution adoptée possédait la vertu de la simplicité, le recensement des parents électeurs étant facile à faire. Mais elle excluait les générations précédentes qui avaient lutté pour l’éducation française au moment où elle était sous la gouverne de commissions anglophones.

1993 avait pourtant été une année déterminante. Toutes les communautés dotées d’une école française avaient été invitées à exprimer par vote leur adhésion à la nouvelle division. Presque toutes avaient embrassé le changement avec des majorités écrasantes, permettant de lancer la DSFM dans l’enthousiasme.

Le mouvement de gestion scolaire semble éviscéré et la chute de participation demeure sans explication. Qu’est-ce qui a généré un tel désenchantement de la part des parents? Est-ce que la DSFM a posé la question aux désintéressés?

Pour ne donner que cet exemple, on peut imaginer la conversation le jour d’élection entre parents exogames, qui constituent la majorité des couples. Why should I vote? La seule information offerte depuis des années, sous l’onglet ENGLISH à www.dsfm.mb.ca, demeure « En construction ».

Quel est le processus d’amendement du mode électoral? Une entente avec la province et hop? Qui doit faire partie de la démarche sinon les parents, dont le rôle constitue le fondement de la démocratie au sein de la DSFM?

Un amendement législatif sans leur appui serait comme une modification constitutionnelle du Sénat sans l’accord des provinces. La DSFM a l’obligation de consulter les parents sur la solution qu’elle propose. Si elle n’en tient pas compte, le gouvernement provincial doit la rappeler à l’ordre.

En fait, on peut se demander si les pratiques démocratiques de la DSFM ne sont pas au cœur du problème. Que fait-on pour favoriser la participation des électeurs à la prise de décision? Sont-ils informés adéquatement, consultés régulièrement sur des questions de fond et, les plus intéressés, formés en gestion scolaire?

La gouvernance n’est jamais acquise. C’est entre les élections que la démocratie se construit.

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