Peter Quanz signe un nouveau ballet intitulé Rodin/Claudel pour Les Grands Ballets canadiens de Montréal. Il y raconte l’histoire d’amour entre les sculpteurs Camille Claudel et Auguste Rodin.

Rodin/Claudel
Le 4 et 5 mars, le Centennial Hall sera le théâtre des amoures orageux d’Auguste Rodin et de Camille Claudel, dansés par Les Grands Ballets Canadiens de Montréal.

En deux actes, ce ballet narre la relation intime et professionnelle de ces artistes et leur passion pour la sculpture, depuis leur rencontre jusqu’à la descente aux enfers et l’internement de Camille Claudel. Peter Quanz en a eu l’idée et l’a chorégraphié.

C’est à 19 ans, alors que Peter Quanz se baladait au Musée Rodin à Paris, qu’il s’intéresse à la vie du sculpteur. Il poursuit sa découverte par le film Camille Claudel de Bruno Nuytten, qui retrace la vie de cette femme vouant ses jours et ses nuits à sa passion, la sculpture. Après s’être battue pour entrer dans le célèbre atelier du grand maître Rodin, elle devient sa maîtresse et son égérie alors qu’il est de 24 ans son aîné.

Rodin/Claudel
Excellente sculptrice, on l’accuse de copier Rodin et sa relation amoureuse avec l’artiste n’arrange en rien sa réputation.

Après la rupture du couple, elle sombre dans l’isolement, la folie et la paranoïa.

Elle passe le reste de sa vie en hôpital psychiatrique.

De cette « histoire d’amour, dramatique, où le corps est au centre de la relation », Peter Quanz tire l’idée d’un ballet.

Le chorégraphe a choisi une scénographie épurée pour laisser toute la place aux interprètes et à la ligne des corps. Côté cour, la projection d’un grand mur froid percé de quelques fenêtres, rappelle l’architecture d’un atelier artistique ou d’un asile psychiatrique. Au sol, un caisson blanc sur roulette, évocation du piédestal, dont les déplacements définissent les scènes. Et sur l’immense scène noire, Camille Claudel et Auguste Rodin sont accompagnés d’un groupe de sculptures vivantes qu’ils modèlent à leur guise.

Danseurs-sculptures

Un groupe composé de douze danseurs presque nus, aux cheveux bronzés et parfois sans ballerines.

« J’ai voulu donner l’illusion de corps faits d’argile, explique Peter Quanz. Mais ces sculptures interagissent avec les personnages. Elles regardent, respirent, bougent. Elles représentent l’esprit créatif des artistes. Mais aussi leur vie personnelle ».

En témoigne la sculpture L’âge mûr de Camille Claudel qui évoque le triangle amoureux entre Camille, Auguste et son ancienne maîtresse. Par ces choix chorégraphiques, Peter Quanz marque encore sa pâte artistique.

« Ici, deux langues dansent sur scène, la contemporaine et la classique », décortique-t-il.

Pour l’artiste, le ballet traite de questions qui sont toujours d’actualité.

 » Il était difficile pour les femmes artistes de briser les règles à l’époque, notamment la situation inégalitaire homme-femme dans le domaine des arts. Aujourd’hui encore, la valeur de la création ne prime pas toujours. Plutôt que de donner de l’importance à la taille et au poids du corps, n’est-ce-pas le mérite artistique qui devrait prédominer? », questionne le chorégraphe.

En mai prochain, le chorégraphe Peter Quanz revient à Winnipeg créer un nouveau ballet avec sa compagnie, Q Dance.

Accompagné de la directrice d’un centre psychologique, Peter Quanz aimerait articuler son travail autour de l’idée que l’on peut « lire l’histoire des individus à travers leur corps », dévoile-t-il. Et comme le chorégraphe se met toujours face à ses plus grandes peurs, il passera de l’autre côté du rideau et dansera de nouveau.

Manon BACHELOT

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