La Société franco-manitobaine prévoit entamer les prochains États généraux en octobre, et présentera ses premiers fruits l’année suivante, en octobre 2015.

Mamadou Ka : « Les États généraux concernent toute la communauté. Sans la participation de toute la communauté, les états généraux ne pourront pas produire les fruits nécessaires pour envisager avec confiance notre avenir collectif. »
Mamadou Ka : « Les États généraux concernent toute la communauté. Sans la participation de toute la communauté, les états généraux ne pourront pas produire les fruits nécessaires pour envisager avec confiance notre avenir collectif. »

La première séance des États généraux (ÉG) de la francophonie manitobaine aura lieu le 17 octobre prochain, au lendemain de l’assemblée générale annuelle de la Société franco-manitobaine (SFM).

C’est ce qu’affirme le président du conseil d’administration de la SFM, Mamadou Ka, qui explique que les préparatifs pour les ÉG sont déjà en branle. « Le conseil d’administration a tenu plusieurs rencontres pour effectuer un remue-méninges sur les ÉG, indique-t-il. Nous cherchons présentement à clarifier la forme qu’ils prendront. Organiserons-nous des grands forums de discussion? Entreprendrons-nous des tournées en région? Et, avant tout, comment mobiliserons-nous le plus efficacement les francophones de la province afin qu’ils puissent participer pleinement à cette conversation porteuse d’avenir? Cette dernière question est d’une importance capitale, parce que les ÉG concernent toute la communauté. Sans la participation de toute la francophonie, les ÉG ne pourront pas produire les fruits nécessaires pour envisager avec confiance notre avenir collectif. »

| Comité aviseur

Pour mener à bien les préparatifs pour les ÉG, le conseil d’administration de la SFM s’est doté d’un comité aviseur, composé de cinq membres de la communauté : Madeleine Arbez, Carole Freynet-Gagné, Justin Johnson, Dominique Philibert et Louis Tétrault. Mamadou Ka siège également au comité aviseur, pour assurer la liaison avec le conseil d’administration de la SFM.

« Notre première rencontre aura lieu au début de mai, explique Mamadou Ka. C’est alors que nous travaillerons à trouver les meilleures formules pour solliciter la participation des Franco-Manitobains, et pour organiser les ÉG. Nous allons explorer tous les outils à notre disposition, que ce soient les outils classiques comme des tournées et des forums de discussion, ou encore les nombreux médias sociaux qui n’existaient pas à la fin des années 1980, lorsqu’ont été tenus les derniers ÉG. Notre but est de rejoindre tout le monde, les jeunes et les aînés, et les représentants de tous les secteurs de la francophonie. »

La directrice générale de Francofonds, Madeleine Arbez a hâte d’entamer les préparatifs des ÉG. « Il y a eu tellement de changements sociaux depuis les années 1980, souligne-t-elle. Nous avons également obtenu des gains importants, comme la gestion de nos écoles et la création de la Division scolaire franco-Manitobaine (DSFM). Par contre, on peut s’oublier dans nos succès. C’est critique pour nous de renouveler notre perspective collective, pour dresser un plan de match communautaire. »

La Franco-Manitobaine, membre du conseil d’administration du Centre de la francophonie des Amériques, Carole Freynet-Gagné, veut que les ÉG se penchent sur « les vraies questions ».

« Ayant tant d’acquis en main, allons-nous dans la bonne direction?, se demande-t-elle. Comment devons-nous gérer la nouvelle diversité qui existe au sein de la francophonie? Avons-nous les organismes qu’il nous faut? Où voulons-nous être comme société francophone dans 25 ans? Et que devrons-nous faire pour nous rendre là? En somme, le temps est venu de reprendre la discussion collective sur note identité, pour ensuite trouver des moyens efficaces de gérer cette identité. »

Le directeur général de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba, Louis Tétrault, est du même avis. « Les changements énormes ont rendu nécessaires, voire essentiels, les ÉG, souligne-t-il. À ne fournir qu’un exemple, songeons aux communautés rurales, qui ont beaucoup grandi depuis les années 1980, pour prendre une plus grande place au sein de la francophonie. Et ce n’est qu’un changement important dont il nous faut tenir compte. »

| Éducation dans les ÉG

On se rappellera par ailleurs qu’un des dossiers clés de la francophonie manitobaine a été adressé, lors de l’assemblée annuelle de la SFM du 24 octobre dernier, alors que le président du Bureau des gouverneurs de l’Université de Saint-Boniface (USB), Léo Robert, et la rectrice sortante de l’USB, Raymonde Gagné, ont proposé que l’avenir de l’éducation française soit examiné à fond par la communauté, avec l’appui de la SFM. Mamadou Ka souligne que des rencontres ont déjà eu lieu sur cette question-clé, qui sera un sujet privilégié de discussion lors des ÉG.

« Nous avons rencontré Léo Robert et Raymonde Gagné au début d’avril, afin de préciser le rôle de la SFM dans l’évolution du dossier de l’éducation, déclare-t-il. Nous avons également rencontré la direction de la DSFM. Ce qui découle de ces rencontres, c’est le besoin d’un plan d’action globale en éducation pour la communauté. La SFM a un mandat politique dans l’élaboration de ce plan. Ce n’est pas notre rôle de dicter les contenus des programmes de la DSFM ou de l’USB. Par contre, nous pouvons agir en tant que levier politique, et comme organisme qui facilitera l’obtention du financement requis pour réaliser le plan d’action.

« Pour ce faire, nous avons déjà rencontré un comité de sous-ministres provinciaux en éducation et en culture, poursuit-il. Nous allons continuer de les rencontrer, tout en maintenant un dialogue ouvert avec la DSFM et l’USB, pour mieux transiger avec la Province sur l’éduction, et les domaines connexes de la culture et du développement communautaire. Et, bien sûr, l’éducation sera une partie importante des ÉG. Il se peut que d’autres stratégies soient suggérées à la SFM. »

| L’échéancier prévu

La création et la mise en place du processus de consultation publique que seront les ÉG se feront donc à partir de mai. Le conseil d’administration, entre temps, cherchera à obtenir le financement nécessaire pour organiser et tenir les ÉG.

« La question de la forme des états généraux tranchée, la discussion collective pourra être entamée en octobre, précise Mamadou Ka. Elle durera un an. Lors de l’assemblée annuelle de 2015, nous présenterons les premières ébauches des premiers résultats des ÉG. »

La SFM devra présenter le fruit final de ses enquêtes avant 2018, date qui marquera le 50e anni­versaire de l’organisme, ainsi que le début des discussions avec le gouvernement fédéral en vue de la prochaine Feuille de route pour les langues officielles.

Daniel BAHUAUD

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