La Liberté ÉDITO

Par Jean-Pierre Dubé

@jeanpierre_dube

La Liberté du 17 décembre 2014

 

Après trois ans d’activité, de nombreuses controverses, deux réunions publiques en moins d’un mois et la démission en bloc de ses membres, le Comité du monument Georges-Forest est en pièces. Mais les conditions pour réaliser sa mission tombent en place.

Le fondateur du Comité, Marcien Ferland, avait pensé qu’en réunissant des amis influents du père des services en français au Manitoba, le projet allait vite se couler dans le bronze. Mais on ne fait plus les choses de cette façon, en proposant avec autorité des idées brillantes.

L’héritage politique de Georges Forest n’est pas la propriété de ses proches. Il est abondamment clair, 25 ans après le décès de l’activiste de Saint-Boniface, que son legs appartient à tous les Manitobains.

Le consensus sur le monument doit donc être plus large que la volonté du Comité. Lors d’une assemblée le 8 décembre, les membres se sont enfin engagés dans une démarche fondée sur le consensus. Toutes ses décisions à venir auront besoin de cette légitimité.

Il n’a pas été facile d’en arriver là. Pour que le Comité lâche prise, il a fallu remettre en question des pratiques de gouvernance et de processus décisionnel. Par exemple, dans le choix de l’emplacement de la statue.

Il reste que sans une orientation plus claire sur les aspects de l’œuvre de Georges Forest à valoriser en priorité, il est difficile de conclure. L’ancien Hôtel de Ville, le parc Provencher, l’Esplanade Riel et le Palais législatif sont au menu.

Dans sa hâte d’en finir, le Comité a accordé un poids démesuré à son choix du parc. Il a perdu de la crédibilité en écartant l’option de l’Esplanade pour des motifs nébuleux.

La question de la statue elle-même doit revenir sur la table. Les opinions demeurent partagées sur le projet de Miguel Joyal. Même si le Comité a fixé son choix en 2012, on ne pourra pas procéder sans consensus. Cette décision est encore plus fondamentale que celle de l’emplacement.

Il n’y aura pas deux statues de Georges Forest. Prenons le temps qu’il faut pour s’assurer de bien faire les choses.

Les membres du Comité ont bien fait de démissionner. Une nouvelle formation sera élue et on repartira avec une légitimité renforcée. La participation élargie à la prise de cette décision demeure un élément clé de la cueillette de fonds, tant privée que publique.

Il reste que le travail du Comité n’a pas été fait en vain. On ne recommence pas à zéro. Les récents débats ont généré une sensibilisation sur les accomplissements de Georges Forest et une féconde prise de bec dans la communauté. La famille a contribué prudemment à la discussion avec des rappels à l’essentiel.

Le projet de monument pour Georges Forest est maintenant relancé sur des bases solides. Par-dessus tout, un nouvel espoir jaillit sur la capacité de la communauté de débattre de grandes questions sur la place publique.

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