Une presque loi qui nourrit déjà beaucoup d’espoirs.

 

Vu le consensus du Comité permanent des affaires législatives lors des audiences publiques du 29 juin, le projet de loi 5 sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine deviendra loi demain, 30 juin à la fin de la 1re session de la 41e législature du Manitoba.

Daniel BAHUAUD

Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement Pallister organise une présentation spéciale, qui sera tenue le 30 juin à 15 h 30 au pieds de la statue de Louis Riel sur le terrain du Palais législatif, sans doute pour souligner la dimension historique.

La cinquantaine de personnes présentes aux audiences publiques, tenues dans la salle 255 du Palais législatif, étaient très conscientes de ce moment spécial dans l’histoire du Manitoba. Lorsque le Comité permanent des affaires législatives a recommandé que le projet de loi 5 passe à l’étape de la troisième lecture, elles ont applaudi la motion. Un geste spontané qui, a souligné le président de l’assemblée, le député de La Vérendrye Dennis Smook, n’est pas en principe permis.

« On comprend l’émotion du public », a-t-il toutefois fait remarquer le député progressiste-conservateur.

Les francophones de l’assistance, ainsi que les 14 personnes qui ont présenté des mémoires au Comité, ont aisément reconnu, eux aussi, le potentiel historique du projet de loi 5.

 

Voici de courts extraits de six des quatorze présentations orales.

« Nous sommes heureux de constater que, jusqu’à présent, aucune voix politique dissidente ne s’est manifestée pour s’opposer à cette loi. Nous remercions les partis de l’opposition d’avoir accueilli cette loi avec un esprit de collaboration et un désir de nous rendre justice. Le gouvernement précédent et, en particulier, le député de Saint-Boniface, avait préparé ce terrain d’entente. Cela nous confirme que la question des droits linguistiques des francophones du Manitoba n’est plus une question partisane mais, plutôt, une occasion de réconciliation et de collaboration. »

  • Jacqueline Blay, présidente de la Société franco-manitobaine

Audiences Loi 5 - Blay, Jacqueline 02

 

« Le rôle indéniable qu’ont joué les Métis francophones et les Canadiens français dans la fondation de notre province est bien connu et reflété dans la vision de Riel sur le bilinguisme et remonte à sa création en 1870. Or l’Histoire a enregistré des moments difficiles, et c’est grâce en partie au travail de plusieurs générations de membres de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba que les Métis n’ont plus à cacher ou à chuchoter le nom de Louis Riel ou à s’assimiler à la langue de la majorité.

« Nous gardons toujours espoir que dans cette nouvelle ère de vérité et de réconciliation, d’inclusion et de collaboration, nous puissions ensemble créer un savoir-être manitobain et canadien à la hauteur des principes visionnaires et modernes promus par Louis Riel : le bilinguisme, la multiculturalisme, l’ouverture et le respect de la différence, l’entraide et le sens aigu de la justice sociale. »

  • Paulette Carrière-Dupont, aînée métisse de la Rivière-Rouge et représentante de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba

Audiences Loi 5 - Carrière-Dupont, Paulette 03

« Il sera critique que cette loi comporte une mention favorisant le maintien, l’augmentation et la pérennité des services en français pour les municipalités bilingues qui ont dû fusionner avec des municipalités anglophones au cours des dernières années. Ces fusions ont eu pour effet de diminuer le poids démographique francophone de nos municipalités. Le projet de loi 5 devrait pouvoir contrer cette diminution en assurant l’offre active de services municipaux en français. »

  • Mathieu Allard, vice-président de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba

Audiences Loi 5 - Allard, Mathieu 01

 

« Nous appuyons fortement et sans réserve la Loi 5 car elle est plus inclusive de par la définition qu’elle donne de la francophonie manitobaine. Elle efface de ce fait plusieurs années de frustrations qui nous ont laissé penser que nous étions une communauté à part et non une communauté à part entière. Nous espérons que cette loi ouvrira la voie à l’accès à un plus grand nombre de praticiens bilingues dans les hôpitaux et cliniques, à une plus grande facilité à trouver un avocat francophone ou bilingue agréé par les services d’aide juridique, et à une multiplication de services de traduction spécialisée soutenus par le gouvernement. »

  • André Doumbè, président des African Communities of Manitoba Inc. (ACOMI)

Audiences Loi 5 - Doumbè, André 01

 

« La santé et les services sociaux sont des domaines où l’importance d’avoir accès aux services dans sa langue est primordiale. Et ce, tant pour le système de santé que pour la population desservie. La capacité de comprendre et d’être compris est au cœur de la relation qui s’établit entre un professionnel et son client, au point que la qualité et l’efficacité mêmes des soins offerts et leur coût en dépendent.

« Les bases qui sont contenues dans cette loi permettent les plus grands espoirs. Ensemble, soyons audacieux. Mettons-nous au défi d’atteindre des résultats qui bénéficieront non seulement à la communauté francophone du Manitoba, mais à l’ensemble du Manitoba et du Canada. »

  • Annie Bédard, directrice générale de Santé en français

Audiences Loi 5 - Bédard, Annie 01

 

« Notre francophonie a mille accents, mille couleurs et n’a pas d’âge. La nouvelle définition proposée par le projet de loi permet de mieux refléter cette réalité franco-manitobaine et de reconnaître son évolution. Cette réalité se traduit concrètement par les mariages exogames, les écoles d’immersion et l’immigration. Nos organismes fourmillent de gens venant de tous ces horizons. »

  • Michèle Lécuyer-Hutton, présidente de Pluri-elles

Audiences Loi 5 - Lécuyer-Hutton, Michèle

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