Fier propriétaire d’une Lada Signet, Richard Loiselle a prêté sa voiture pour le tournage d’un film hollywoodien avec Keanu Reeves, dont l’histoire se déroule en Russie.

Par Valentin CUEFF 

Richard Loiselle est propriétaire d’une Lada Signet, cette voiture de l’industrie soviétique commercialisée au Canada dans les années 1980. Il aura bientôt l’opportunité d’admirer son char sur grand écran, dans Siberia, une production hollywoodienne tournée au Manitoba. En prêtant son véhicule pour le tournage, l’automobiliste a découvert ce qui se passait derrière une caméra.

 

La Lada, c’est son dada. Quand l’une de ces vieilles voitures russes apparaît dans un film à la télévision, Richard Loiselle a l’habitude d’appuyer sur pause pour dire « Regardez, une Lada! » au grand dam de ses trois filles. Bientôt, il pourra arrêter la lecture du film pour lancer, « Regardez, ma Lada! »

Richard Loiselle dit posséder le seul modèle de Lada Signet encore en circulation dans toute la province. Il ne se doutait pas que celle-ci lui permettrait, un jour, de mettre les pieds sur le plateau de tournage d’une production hollywoodienne.

Coordinateur aux services en français à Santé Manitoba, il a appris par un collègue de travail qu’une équipe de tournage présente dans la province recherchait des modèles de voiture venus de l’autre côté du détroit de Béring. Amateur de cinéma, l’automobiliste a sauté sur l’occasion et a prêté son véhicule pour quelques jours de shooting.

Dans ce thriller romantique intitulé Siberia, réalisé par Matthew Ross, l’acteur Keanu Reeves incarne un marchand de diamants qui part en Russie sur les traces de son partenaire disparu.

Il y rencontre la gérante d’un café, jouée par l’actrice roumaine Ana Ularu. C’est elle qui conduit la fameuse Lada rouge dans le film. Keanu Reeves s’éprend d’elle – la jeune femme, pas la voiture.

Pour réduire les coûts de production, l’équipe de tournage est venue au Manitoba, le climat continental de la province étant similaire à celui de la région russe, située sur la même latitude. Plusieurs scènes ont notamment été tournées à Marquette.

Le féru d’autos soviétiques a acheté sa première Lada en 1987. À l’époque, il venait de décrocher un emploi et ne souhaitait pas prendre l’autobus. Chez un concessionnaire automobile, le jeune conducteur a découvert ce véhicule, « carré, rouge, bizarroïde », et a décidé de l’acheter. Il s’en est séparé trois ans plus tard, car son ex-femme « la trouvait difficile à conduire ». Mais il gardait un profond attachement pour ce modèle.

« C’est une voiture résistante. Tu peux lui faire mal, elle encaisse. C’est une technologie qui date des années 1950, 1960. Ça se répare facilement. Et j’aime bien jouer avec. »

Il en achète une nouvelle en 2007, à Calgary. Un modèle familial de 1991, « une 21-04 », très similaire à celui qu’il possédait vingt ans plus tôt. Il l’a baptisée “Laduschka” : « “Ka”, en russe, est un diminutif qui marque l’affection. » (1)

Sur le plateau de tournage, Richard Loiselle arbore un grand sourire. Il plaisante beaucoup avec les techniciens présents, tandis que la comédienne Anna Ularu joue une scène au volant de “Laduschka”. Il a appris à l’actrice comment la conduire. « Elle ne savait pas conduire une manuelle. Mais elle se débrouille très bien. »

La comédienne ne semble pas de cet avis ; au même moment, un peu plus loin, la Lada, en plein shooting, fait un grand bruit. Richard Loiselle rit aux éclats.

La « location » de la voiture par le studio lui a rapporté 150 dollars, chaque journée où l’équipe a utilisé son véhicule. Cela lui a permis de plonger, pendant deux jours, au cœur de la machine hollywoodienne.

Bien qu’il n’a pas eu la chance de rencontrer l’acteur qui incarnait Néo dans la trilogie The Matrix, Richard Loiselle a reçu de Keanu Reeves et d’Ana Ularu des autographes, signés… dans le manuel de la Lada.

Il raconte avoir noué de bons contacts et espère revoir certains des techniciens qu’il a rencontrés lors du tournage. Il tire de ces deux jours une expérience cinématographique unique, même si découvrir l’envers du décor a quelque peu démystifier son regard sur le cinéma : « Quand tu vois l’arrière de la chose, ça enlève un peu la magie » dit-il, amusé.

Il en tire néanmoins une certaine fierté : « Voir ma Lada dans un film, c’est un plus inattendu. J’ai hâte de voir le résultat. Je vais pouvoir dire aux gens que mon auto, un modèle rare en Amérique du Nord, s’est retrouvée dans un film. »

Fier propriétaire d’une Lada Signet, Richard Loiselle a prêté sa voiture pour le tournage d’un film hollywoodien avec Keanu Reeves, dont l’histoire se déroule en Russie.

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