Une cinquantaine de jeunes de 16 à 25 ans ont rendez-vous, du 9 au 12 novembre, au Parlement franco-canadien de l’Ouest et du Nord (PFCNO) pour débattre de projets de lois imaginaires. Tour d’horizon de cette vraie fausse rencontre de députés avec le vrai faux Premier ministre, Mathieu Jubinville.

Par Valentin CUEFF

La situation est grave : le gouvernement fédéral propose un décret qui conduirait le Canada à prendre possession des puits de pétrole au Pôle Nord. Un député propose que des super-héros s’occupent de sécuriser les lieux…

Pas de panique, rien de tout ça n’est vrai! Il s’agit d’une loi fictive, débattue l’année passée à Victoria lors d’une simulation parlementaire. Un évènement annuel où se réunissent des jeunes venus des quatre provinces de l’Ouest et des trois territoires. Et cette année encore, la rencontre promet de nombreux échanges d’idées, menés avec plus ou moins de sérieux.

Mathieu Jubinville en sait quelque chose. Sept fois participant à l’équivalent provincial, le Parlement jeunesse franco-manitobain (PJFM), trois fois participant au PFCNO, l’étudiant en finances à l’Université du Manitoba est un mordu de débats. Pour lui, cette rencontre permet avant tout d’apprendre la politique tout en s’amusant. « Au PFCNO, on apprend à la fois les différentes idéologies de gauche et de droite, et aussi comment débattre. »

Car, comme il l’explique, le fond n’importe pas tant que la forme, et le théâtre y tient une place importante.

« Souvent, je me donne un personnage. Avant même d’avoir lu le projet de loi, je vais choisir mon camp. Et trouver des raisons farfelues pour défendre ou attaquer la loi. Je vais rarement exprimer ma véritable opinion. Je pense qu’il s’agit plutôt d’apprendre à exprimer une opinion. »

Le député improvisé n’en est pas à ses premiers pas sous les projecteurs. Acteur dans la Ligue d’improvisation du Manitoba (LIM) pour la deuxième année consécutive, il retrouve dans le PFCNO ce jeu de mise en scène et le goût de se créer un personnage.

Et si Matthieu Jubinville n’est pas étranger au terrain de la LIM, il ne l’est pas non plus de l’hémicycle. Pendant un an, il fut page au Palais législatif, au milieu des députés. Les vrais, cette fois.

« Ça m’a permis d’acquérir de l’expérience politique. Mais surtout, j’ai appris comment rester neutre. Je ne devais pas donner mon opinion, mes préférences, ou rire aux blagues d’un député. »

Une aventure parlementaire qui le laisse avec une ouverture d’esprit dans le débat politique. « J’aime avoir des conversations avec des personnes qui ont des idéologies différentes de la mienne. »

Et si le but de l’exercice était tout simplement d’acquérir une pensée critique? « Les gens l’oublient parfois, mais ils sont là pour apprendre à penser de façon différente, et être capable de l’articuler. Comprendre l’opinion de l’autre et être capable de lui répondre. Sans oublier le fun. »

Son habileté au jeu de la rhétorique l’a conduit à être élu, l’année dernière, Premier ministre du PFCNO. Un statut fictif qui récompense le meilleur des participants. Ce statut l’a conduit à s’impliquer dans l’organisation de plusieurs PFCNO. L’année prochaine, Mathieu Jubinville se retirera temporairement de la fausse vie politique.

« Je me donne en entier cette année au projet. L’année prochaine, je fais une année de pause pour mes études. »

Études en politique? Non, il étudie en finances et comptabilité à l’Université du Manitoba. À ce jour, une carrière de politicien l’intéresse peu. « J’aime en parler. Mais il y a tellement de gens qui détestent les politiciens. Je n’ai pas peur d’admettre que l’opinion des gens m’affecte. Donc je ne sais pas si j’en serai capable, mais on verra! »

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