Par Bernard BOCQUEL

Sans hésiter, les membres du Comité de refonte de la SFM avaient souligné lors du dépôt de leur rapport en mars 2017 que le modèle de gouvernance qu’ils apportaient constituait l’élément central de leurs propositions. (1)

Leur modèle de gouvernance, entré en vigueur à l’AGA du 12 octobre, fait du CA de la SFM une sorte de conseil central des principaux intérêts qui composent la francophonie manitobaine. Des 22 membres (ultimement) du CA, juste quatre, dont la présidence et la vice-présidence, sont élus à l’AGA même. En ce qui concerne les autres, le Comité de refonte s’est assuré de faire une place au CA de la SFM à une gamme de différents groupes d’intérêt organisés, comme les femmes, les jeunes, les aînés, les Métis, les immigrants, les francophiles. Sans oublier les domaines d’activités constitués, comme l’éducation, la culture, le patrimoine, le rural, l’économie, la santé, le sport, le droit.

Ce nouveau modèle de gouvernance prend acte de la diversité du monde francophone au Manitoba. Cette prise de conscience, de ce qui constitue à la fois un défi et une chance énorme, s’est cristallisée au cours de 2015 et 2016 lors des États généraux de la francophonie manitobaine et de la suite estimée logique, un « Plan stratégique de la francophonie manitobaine ».

Après examen de la synthèse des États généraux rédigée par des chercheurs de l’Université de Saint- Boniface, les consultants d’Ottawa embauchés pour mettre sur papier un « Plan stratégique » pouvaient sans contestation possible faire remarquer ceci au sujet de la « nouvelle francophonie » :

« Toutefois, cette diversité pose certains défis en termes de cohésion et d’inclusion. Il est nécessaire pour la francophonie manitobaine non seulement d’éviter les divisions, mais de puiser une énergie nouvelle dans cette diversité pour élargir l’espace francophone et son influence, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Manitoba. […] La francophonie manitobaine croîtra en force et en stature en créant des zones de convergence et de dialogue qui permettent aux membres de contribuer et de consolider leurs liens […]. »

Le Comité de refonte de la SFM s’est bien entendu appuyé sur le « Plan stratégique » adopté en octobre 2016 pour proposer une structure de gouvernance jugée apte à relever les enjeux contemporains de la francophonie manitobaine. Pour rester dans la logique défendue par les consultants, le CA amplifié de la SFM se présente comme « une zone de convergence et de dialogue ».

Il n’existe a priori aucune raison de douter que les membres du nouveau CA de la SFM ne réussissent pas à travailler ensemble. Surtout qu’ils ont certainement à l’esprit la grave situation que les consultants d’Ottawa ont ainsi formulée : « Les organisations et institutions de la francophonie manitobaine doivent faire un examen de conscience et apporter les changements nécessaires pour regagner leur crédibilité auprès des citoyens qu’ils disent représenter. […] Les francophones qui se sont exprimés lors des États généraux souhaitent que les organisations trouvent des moyens novateurs de collaboration […]. »

Le problème n’est donc pas que les 22 membres du CA de la SFM n’arrivent pas à trouver un front uni lorsqu’il s’agira de défendre les multiples intérêts des groupes organisés au sein de la francophonie manitobaine. Le vrai problème va être de rejoindre les personnes qui ne sont pas membres de la francophonie organisée. Justement ces gens dont les organisations ont cruellement besoin pour lutter contre l’inertie et le désengagement tant dénoncé durant les États généraux.

(1) Pour mémoire, ils étaient cinq : Raymond Lafond (président), Mona Audet, Diane Leclercq, Raymond Hébert et Ben Maréga.

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