Hélène Vrignon : « Notre but est de toujours avoir du personnel bilingue à l’urgence, pour les soins accordés aux mères et aux enfants. » Photo : Daniel Bahuaud

Près de 50 nouveaux postes d’infirmiers seront bientôt ouverts à l’Hôpital Saint-Boniface. Ce personnel sera-t-il bilingue? Hélène Vrignon et le docteur Bruce Roe expliquent comment les postes seront comblés et mettent en relief la politique de l’hôpital concernant le bilinguisme chez les employés. Lori Lamont précise que pour la première fois, des infirmiers bilingues seront en poste à l’Hôpital Victoria.

Par Daniel BAHUAUD

L’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) a annoncé une réorganisation du calendrier de travail des infirmiers au Centre des sciences de la santé, à l’Hôpital Grace, à l’Hôpital Victoria et à l’Hôpital Saint-Boniface.

Cette mesure devrait amener une cinquantaine de nouveaux postes à l’Hôpital Saint-Boniface.

Hélène Vrignon est directrice des communications depuis 1990 et des affaires générales depuis 2005. Ses responsabilités comprennent les services en français à l’Hôpital Saint-Boniface.

« Nous avons au-delà de mille postes d’infirmiers à l’Hôpital Saint-Boniface. Nous allons modifier leur calendrier de travail, pour que les quarts de travail soient plus efficaces, et qu’ils tiennent davantage compte des absences créées, entre autres, par les vacances. Notre grand objectif est d’assurer qu’il y ait une meilleure présence auprès des patients. On veut qu’il y ait toujours du personnel infirmier sur place, dans tous nos départements. »

Hélène Vrignon note qu’à la fin de ce processus, une cinquantaine de nouveaux postes devraient être crées. « Notre priorité est de placer le personnel de l’Hôpital dans ces postes, en sachant que nos ententes collectives sont basées sur la séniorité. De plus, selon une entente établie entre la Commission du travail du Manitoba et l’Office régional de la santé de Winnipeg, les infirmiers de l’Hôpital Victoria qui ont perdu leur poste à cause de la réorganisation ont le droit préférentiel d’occuper ces emplois. »

Le docteur Bruce Roe, médecin en chef de l’ORSW et ancien président-directeur général de l’Hôpital Saint-Boniface, rappelle que « l’une de nos grandes priorités est l’offre des services en français ». « L’Hôpital est un établissement bilingue. En plus de nos postes désignés bilingues, près de 10 % de nos infirmiers se sont déclarés bilingues. »

Hélène Vrignon élabore : « Les infirmiers ne sont pas obligés d’apprendre le français. À l’heure actuelle, nos ententes collectives rendraient difficile la désignation de postes bilingues. Cela dit, l’Hôpital lance constamment le message que la capacité de parler les deux langues est un atout. On conscientise nos recrues et notre personnel sur l’importance d’offrir un service dans les deux langues à nos patients. Et ce message sera passé tout au long de la réorganisation. Il se peut aussi que plusieurs infirmiers de l’Hôpital Victoria soient bilingues. Si c’est le cas, on les encouragera à s’engager en affichant cette capacité.

« Je souligne que nos infirmiers qui se sont affichés bilingues s’engagent à proposer l’offre active du service en français dans leurs départements respectifs. Notre but est de toujours avoir du personnel bilingue à l’urgence et pour les soins accordés aux mères et aux enfants. Ce travail se fait de plus en plus aisément, puisque les gens hésitent moins à s’afficher bilingues.

« D’autres infirmières de l’hôpital parlent français, mais ne se sont pas déclarées bilingues. On les encourage à s’engager à leur tour. »

La refonte des services offerts à la grandeur de l’ORSW fait en sorte que pour la première fois, l’Hôpital Victoria aura du personnel bilingue. Lori Lamont, la vice-présidente de l’ORSW et chef infirmière, explique pourquoi :

« L’unité des soins gériatriques de l’Hôpital Saint-Boniface sera transférée à l’Hôpital Victoria. On sait combien la qualité des soins accordés aux aînés est importante, et qu’il y a un nombre considérable de personnes âgées qui préfèrent communiquer en français. Des infirmiers bilingues seront donc déployés dans cet établissement dès que l’unité sera en place. »

La consolidation des postes d’infirmiers sera terminée le 12 janvier 2018.


Hôpital Saint-Boniface : la perspective du Syndicat des infirmières

Sandi Mowat, la présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba, remet en question l’efficacité de la réorganisation du calendrier de travail des infirmiers à l’Hôpital Saint-Boniface.

« Pour les près de 1 000 infirmiers, la situation est déstabilisante. Pour refaire le calendrier, tous les postes ont été supprimés, et l’Hôpital est reparti à zéro. C’est un changement massif. Et un changement qui, au bout du compte, ne rapportera pas grand-chose. Les postes à temps plein et les postes à temps partiel ne vont pas augmenter. Le grand changement est qu’il y aura plus de quarts de travail de 12 heures. Les recherches ont prouvé que 12 heures, c’est malsain. D’où la tradition, dans l’établissement, d’affecter plus d’infirmières à des blocs de huit heures. »

Sandi Mowat reconnaît cependant qu’il y avait un déséquilibre dans l’attribution des quarts de travail à l’Hôpital Saint-Boniface, et que cette situation obligeait l’hôpital à accorder plus de temps supplémentaire. « Cette situation était dispendieuse pour l’établissement. Il fallait trouver une meilleure façon de fonctionner. Mais le syndicat était ouvert à aider l’Hôpital à refaire son calendrier sans pour autant qu’il y ait de changements énormes.

« Entretemps, nos infirmiers vivent une transition inquiétante. Il y a beaucoup d’anxiété. Et pour quoi? On a l’impression qu’il s’agit plus d’une priorité budgétaire que d’une question d’améliorer les services pour les patients. »

Pour Réal Cloutier, le président-directeur général par intérim de l’ORS de Winnipeg, le but ultime de la réorganisation sera « de créer des nouveaux postes à l’Hôpital Saint-Boniface, tout en augmentant la qualité du service dans cet établissement ».

« Nos données préliminaires nous confirment déjà que nous sommes sur la bonne voie. Cela dit, je sais que fort bien que des changements de taille créent de l’incertitude et de l’anxiété. Le département des ressources humaines de l’ORS est en contact avec le personnel infirmier, pour répondre aux questions, clarifier la situation et réduire le niveau d’anxiété. »

 

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