Bruce Tascona avec une affiche de recrutement de la Princess Patricia Light Infantry de Winnipeg. Photo : Daniel Bahuaud

Comment les soldats dans les tranchées et les Canadiens ont-ils vécu la Première Guerre mondiale? Pour répondre à cette question, l’historien militaire Bruce Tascona s’est tourné vers les affiches, les cartes postales, les croquis, les journaux et même les partitions musicales et les cartons de cigarettes produits entre 1914 et 1918.

Par Daniel BAHUAUD

Historien militaire, Bruce Tascona est archiviste de la Société d’histoire militaire du Manitoba et fondateur du Musée de la Première Guerre mondiale du Manitoba à Pilot Mound.

Le natif de Saint-Boniface a collaboré avec le Musée de la Légion royale canadienne # 43 de Norwood/Saint-Boniface pour monter une exposition d’artéfacts qui donnent un aperçu sur le train de vie des soldats et des civils tout au long de la Première Guerre mondiale.

L’exposition est présentée le 8 et 9 novembre seulement. (1)

« Il y a des artéfacts que le Musée de la Légion a acquis il y a deux ans, ainsi qu’un bon nombre d’objets de ma propre collection, du musée à Pilot Mound. Le but est de démontrer combien un seul matériel, le papier, peut en dire beaucoup sur une époque. On n’a qu’à examiner les nombreuses affiches de l’exposition pour comprendre. Les civils étaient constamment sollicités pour qu’ils contribuent à des levées de fonds pour appuyer la guerre. Les soldats, eux, étaient constamment exposés à des affiches cherchant à remonter leur moral. »

Ou à détester l’ennemi. « Dans les paquets de certaines marques de cigarettes, on pouvait trouver des cartes imprimées avec des caricatures de soldats allemands. Question de les ridiculiser. »

Autres documents : des partitions musicales. « Avant la popularisation du phonographe, les partitions étaient la manière de déterminer les grands succès du jour, comme It’s A Long Way to Tipperary ou encore Mon Soldat, chanson composée au Québec », note Tony Tascona.

Et puis le public pourra contempler des articles rarissimes, comme des esquisses d’Arthur Lismer, un membre du Groupe des sept qui, au cours de la Première Guerre mondiale, a été embauché comme artiste pour dépeindre la vie dans la marine canadienne.

Ou encore des journaux de tranchées. Bruce Tascona : « Ces quotidiens et hebdos n’ont pas beaucoup survécu ; les soldats s’en servaient comme papier de toilette! »

En plus de collectionner des artéfacts, Bruce Tascona se fait un devoir de sensibiliser le public grâce à son événement de reconstitution historique « Journée dans les tranchées ».

« J’en organise depuis 2014, à La Rivière, avec l’aide de bénévoles, comme George Adams, de Somerset. On a construit des tranchées complètes, avec poste de commandement, centre de communications et entrepôt. Comme ça, les gens peuvent mieux comprendre comment vivaient les soldats, dans la boue, parmi les poux et les autres vermines.

« Le but n’est pas de glorifier la guerre, mais de comprendre les conditions horribles dans lesquelles vivaient et mouraient les soldats. »

(1) L’exposition a lieu les 8 et 9 novembre de 11 h à 20 h à la Légion royale canadienne # 43 de Norwood/Saint-Boniface située au 134, rue Marion à Saint-Boniface.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici