En l’espace de 90 minutes, les 30 résidents de la Villa Aulneau à Saint-Boniface, qui avaient donné des objets fabriqués à la main pour une vente d’artisanat en novembre 2015, avaient réussi à collecter 3 200 $. Cette année, 40 aînés créateurs comptent récolter encore plus d’argent pour les paniers de Noël de la paroisse Cathédrale. (1)

Par Daniel BAHUAUD

Roseline O’Brien a 77 ans. Résidente de la Villa Aulneau depuis 2012, la Bonifacienne prend plaisir à tricoter et à crocheter.

« Je fabrique des tuques, des foulards, des chandails. D’autres résidentes réalisent des ensembles pour bébés et des couvertes. On s’active à l’année longue, pour être certaines d’avoir assez d’objets à vendre. On se rassemble souvent en groupe pour travailler. Comme ça, on sait ce que l’autre tricote. Question de ne pas faire les mêmes vêtements! »

Jos Dupas passe « beaucoup d’heures » dans l’atelier de menuiserie de la Villa Aulneau, à fabriquer par exemple des maisons pour oiseaux, des cages, des décorations pour la maison. À 92 ans, il est toujours aussi passionné de menuiserie qu’il l’était dans sa vingtaine.

« Je ne peux pas me passer de ce passe-temps. Il y a six ans, quand j’ai vendu mon condo à Saint-Vital, je cherchais une résidence pour aînés munie d’un atelier de travail. C’était une condition non-négociable. Sans l’atelier, je ne serais pas à la Villa Aulneau. Comme ça je peux continuer à créer. C’est essentiel, à mon âge. Lire et regarder la télé à longueur de journée, ça serait insupportable. Quand je crée, je suis heureux. Tout au long d’un projet, j’ai du plaisir. Et lorsqu’il est complété, j’éprouve une vive satisfaction. »

Roseline O’Brien va dans le même sens. « J’ai commencé à tricoter et à crocheter sur l’heure du midi avec des collègues au ministère fédéral de la Justice. Depuis ma retraite, j’ai pu faire des vêtements pour les enfants et les petits-enfants. Maintenant, je tricote pour prélever de l’argent qui aide les autres. Je m’occupe les mains et le cerveau. Travailler, ça m’aide aussi! »

(1) La vente d’artisanat aura lieu le 18 novembre de 14 h à 16 h à la Villa Aulneau, située au 601, rue Aulneau à Saint-Boniface.


L’incessant appel de la créativité

Lorsqu’elle a emménagé au Manoir de la Cathédrale en 2016, Marie-Lourdes Fillion était inquiète.

« Je perdais mon studio », note la Bonifacienne de 85 ans. « Comment continuer de créer des tableaux? »

C’est après avoir formulé cette question vitale que l’artistepeintre a franchi un pas dans son esprit : « Ce n’est pas parce qu’on est dans une résidence pour aînés qu’on doit cesser de vivre. J’ai décidé de créer un petit espace de travail dans mon appartement. » Du 15 au 19 novembre, Marie- Lourdes Fillion exposera une trentaine de ses toiles. (1)

« Depuis 1986, j’ai produit plus de 500 toiles. Je suis originaire D’Amours, au nord de la Saskatchewan. Je fais beaucoup de paysages. Je m’inspire du magnifique terroir qui m’a vu naître. »

Parfois, Marie-Lourdes Fillion est « inspirée par une couleur, tout simplement, comme ça ». C’est alors qu’elle laisse son imagination et son pinceau vaquer à leur guise pour laisser émerger des toiles abstraites. « J’aime la liberté du processus et la liberté qu’on a à contempler le résultat. »

L’artiste espère que le grand public répondra à l’appel de contempler ses toiles. « Obtenir du feedback des gens, ça donne un élan à ma créativité. Ça m’inspire. Et ça peut aussi inspirer les autres. Faire rayonner sa créativité, apporter du bonheur aux autres, surtout ses voisins aînés qui se sentent parfois encabanés, c’est très satisfaisant. »

(1) L’exposition et la vente d’oeuvres riginales signées Marie- Lourdes Fillion aura lieu du 15 au 19 novembre, de 9 h à 20 h, au Manoir de la Cathédrale, situé au 321, avenue de la Cathédrale.

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