La saison 2017-2018 de l’Orchestre symphonique de Winnipeg sera la dernière d’Alexander Mickelthwate, nommé à la tête du Philarmonique d’Oklahoma City. L’occasion pour le maestro de se livrer, non sans une pointe de nostalgie, sur ses 11 années passées au Manitoba.

Par Barbara GORRAND

Alexander Mickelthwate se souvient parfaitement de sa première rencontre avec Winnipeg. Après avoir fait ses gammes aux États- Unis, de Baltimore à Los Angeles en passant par Atlanta, le natif de Francfort se sentait prêt à diriger son propre orchestre. « Le choix se portait entre Honolulu, Nashville et Winnipeg. C’est particulier, de se présenter comme chef d’orchestre. C’est comme aller à un premier rendez-vous avec 80 inconnus! Soit la magie opère, soit ça coince. Et à Winnipeg, je me suis senti immédiatement très à l’aise. Et c’était réciproque. »

C’était il y a 11 ans. C’est comme si c’était hier.

« Bien sûr, je ne savais pas grand chose de l’histoire de l’orchestre. À ce moment-là, l’organisation était en chantier. Dix directeurs exécutifs s’étaient succédé en dix ans, c’était le bazar. L’orchestre a toujours été très bon, mais il avait besoin d’être reconstruit, encadré. Ce défi personnel m’a beaucoup attiré.»

Le nouveau directeur musical de l’Orchestre symphonique de Winnipeg se retrousse alors les manches. « Il a fallu rebâtir des relations avec la presse, les mécènes, le gouvernement… Petit à petit, nous avons lancé les concerts éducatifs, les sessions d’été, donné plus d’ampleur au New Music Festival, lancé le festival d’automne, des programmes après l’école. Et jeté des ponts vers d’autres communautés, la communauté islandaise, ukrainienne, philippine, etc. »

Sa marque de fabrique? Un thème, la musique, et des variations. De la musique contemporaine, de la musique populaire, de la musique dans des lieux improbables, de la musique mariée aux autres expressions artistiques. Des souvenirs qui restent gravés dans l’histoire de l’orchestre. « Il y a eu le concert au Carnegie Hall à New York, en 2014. Et puis l’interprétation de la 10e symphonie de Mahler, il y a deux ans, qui m’a tellement bouleversé. Et la venue de Joshua Bell l’an dernier pour le concert d’ouverture. C’était une telle chance de travailler auprès de lui. Il y a tellement de souvenirs! »

Seulement voilà. Même les plus belles partitions ont une fin. « Je savais que je ne pouvais pas rester indéfiniment. L’an dernier, j’ai entamé les démarches pour poursuivre mon chemin. L’opportunité de diriger l’Orchestre philharmonique d’Oklahoma City s’est présentée. C’est une nouvelle aventure qui commence. »

Mais que les habitués de l’OSW se rassurent : s’il partage déjà cette année entre le Manitoba et l’Oklahoma, il restera investi jusqu’à la dernière note. Une note qui risque de résonner longtemps dans le coeur du chef d’orchestre : « Après 11 années, pour notre famille, Winnipeg c’est vraiment devenu la maison. Et il va être très difficile de la quitter. »

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