Paul Turenne : « La chasse à l’outarde, au canard et à l’oie blanche est très populaire. Mais un chasseur peut aisément dépenser 10 000 $ pour traquer le caribou migrateur-toundrique à l’extrémité Nord de la province. » Photo : Gracieuseté Paul Turenne

La passion des uns fait la vie des autres. Pour les 110 propriétaires de chalets et guides de chasse et de pêche membres de la Manitoba Lodges and Outfitters Association, la chasse et la pêche c’est non seulement un gagne-pain, mais un mode de vie. Et un aimant à touristes.

Par Daniel BAHUAUD

Paul Turenne est directeur général de la Manitoba Lodges and Outfitters Association (MLOA) depuis 2011. Le Bonifacien de 40 ans est aussi un pêcheur depuis sa tendre enfance, et chasseur depuis 15 ans.

« Les propriétaires de chalets de chasse et de camps de pêche tombent dans la classe des petites et moyennes entreprises. La MLOA est composée d’entreprises familiales, qui organisent des randonnées de chasse ou de pêche, et offrent des services de guide.

« Les randonnées peuvent être des petites excursions de quelques heures à peine, ou encore des voyages d’envergure. Nous desservons deux sortes de clients. D’abord, il y a les Manitobains du Sud de la province, surtout des citadins, qui se déplacent pour une fin de semaine ou une longue fin de semaine de chasse et de pêche. L’attrait pour eux est de sortir de Winnipeg ou de Brandon, et de goûter à une nouvelle expérience en région. Surtout dans le Nord, un terrain qu’ils connaissent peu ou pas du tout.

« Ensuite, il y a les chasseurs passionnés, des Manitobains, mais aussi beaucoup de Torontois, de Calgariens et d’Américains, qui dépensent des milliers de dollars pour chasser dans les régions isolées du Nord, qu’on n’atteint que par hydravion. Les Américains viennent surtout du Minnesota, du Dakota du Nord et des Illinois. Mais d’autres viennent d’États du sud. Pour eux, le Bouclier canadien, c’est une terre mystérieuse et attrayante. Dans bien des cas, des grandes compagnies américaines dépensent des fortunes pour payer la traite à leurs clients importants ou pour récompenser leurs employés. Un chasseur peut aisément dépenser 10 000 $ pour avoir le plaisir et le privilège de traquer le caribou migrateur-toundrique à l’extrémité Nord de la province. »

« On veut que les gens puissent apprécier la nature et chasser de façon responsable. »
Paul Turenne

Le ministère du Sport, de la Culture et du Patrimoine a estimé qu’en 2014 (les plus récentes statistiques) il existait entre 35 000 à 40 000 chasseurs au Manitoba, en excluant la population autochtone et métisse. De plus, entre 6 000 et 7 000 touristes de l’extérieur de la province pratiquent la chasse au Manitoba tous les ans.

Pas étonnant qu’en 2010, Voyage Manitoba a estimé que la chasse et la pêche contribuent pour près de 469 millions $ par année à l’économie de la province. Rick Gaunt, le gérant de l’analyse commerciale de Voyage Manitoba, précise que « la part du gâteau pour les chalets et pourvoyeurs de services est d’environ 27 millions $ par année ».

« On parle d’environ 700 emplois. Entre autres d’un bon nombre d’Autochtones qui dépendent des revenus générés par leur travail de guide. Des revenus qui restent dans la province.

« Et bien sûr, les chasseurs achètent ou louent leur équipement, comme des bateaux. Ils dépensent de l’argent pour l’essence, des billets d’avions. Ils achètent des munitions, se ravitaillent dans les magasins de chasse et de pêche, dorment dans nos hôtels et mangent dans les restaurants en région. Des activités qui génèrent des revenus importants, et qui contribuent aussi au trésor de la Province, parce qu’elles sont taxables. »

Si la chasse et la pêche alimentent l’industrie du tourisme, Paul Turenne rappelle qu’il s’agit aussi d’un mode de vie pour les propriétaires et employés de la MLOA :

« C’est notre gagne-pain. C’est aussi une activité qui fait partie de notre culture. D’où l’importance de prendre soin de la nature. Notre association a un code d’éthique qui établit l’emploi que les chasseurs peuvent faire des animaux abattus. Nous nous préoccupons beaucoup de la bonne intendance de nos ressources naturelles. On veut que les gens puissent apprécier la nature et chasser de façon responsable. »

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