Une nouvelle page Facebook, Ensemble pour l’éducation française Manitoba, affiche un double objectif. D’abord tenir parents et enseignants au courant de l’avenir du Bureau de l’éducation française. Ensuite les inviter à l’action, individuelle et collective.

Rachel Laurendeau est un parent engagé. La résidente de Saint-Vital siège au Comité scolaire de l’École Christine-Lespérance et a été membre du CA de la Fédération des parents du Manitoba de 2014 à 2016.

La mère de deux garçons a reçu avec « vive inquiétude » la nouvelle, fin octobre dernier, que le Bureau de l’éducation française (BEF) avait perdu son sous-ministre adjoint et que le BEF était menacé de démantèlement.

« J’étais estomaquée. Peu après l’annonce de la nouvelle dans les médias, le Comité scolaire de Christine-Lespérance a accueilli le commissaire de la DSFM, Michel Boucher. On lui a demandé ce qu’on pouvait faire. Il nous a souligné que les parties prenantes de l’éducation en français se mobilisaient, et que pour le moment, aucune action n’était demandée des parents. Il nous a cependant conseillé de rester aux aguets. »

Mordue des médias sociaux, Rachel Laurendeau était étonnée que peu de parents discutaient entre eux de la menace qui plane sur le BEF. « Sur la page Facebook Jeunes familles francophones du Manitoba, que j’ai créée en 2015, on en parlait à peine. Ailleurs aussi. Il fallait faire quelque chose pour sensibiliser les parents francophones et anglophones, ainsi que les enseignants. Il fallait aussi rappeler à nos organismes porteparole que nous les appuyons. Il fallait aussi lancer un message à la Province, comme quoi on surveille ce qui se passe et que nous n’allons pas passivement accepter ce que nous dictent les décideurs politiques.

« Avant tout, il nous fallait un point de repère pour passer à l’action. Et pas juste chialer. »

Résultat : le 6 janvier, la page Ensemble pour l’éducation française Manitoba – Together for French education Manitoba a vu le jour.

Rachel Laurendeau y a tout de suite posté les coordonnées des députés provinciaux et des ministres de l’Éducation et des Affaires francophones. « C’est à nous tous de préciser aux politiciens que le BEF est important. J’invite tous à poser un geste individuel, en contactant vos représentants. »

Une invitation qui semble avoir déjà retenu l’attention, puisqu’après deux semaines, la page comptait 405 membres. « Pour moi, c’est énorme. Ça m’a pris trois ans pour avoir 850 membres sur la page Jeunes familles francophones du Manitoba. » Rachel Laurendeau invite donc le public à non seulement fréquenter sa page Facebook, mais à s’activer pour organiser des gestes collectifs. « J’ai créé la page, mais tous peuvent passer à l’action. En attendant des nouvelles des organismes porteparole, pourquoi ne pas lancer une pétition?

« Le sort du BEF n’a toujours pas été tranché. Peut-être faudra-t-il qu’on se mobilise pour d’autres actions collectives? Si la Province venait à organiser des consultations publiques, la page Facebook servira à faire comprendre que la participation d’autant de parents que possibles est non seulement souhaitable, mais nécessaire. »

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