Baignée dans la musique depuis toujours, Rachel Léger consacre aujourd’hui son temps libre à la composition de bandes son de films. Une passion qui pourrait un jour la rapprocher des étoiles d’Hollywood.

Par Léo GAUTRET

Collaboration spécial

Marier le son à l’image. Donner de la couleur et du sens à un récit. La musique est aujourd’hui omniprésente dans la création audiovisuelle. Jouée à l’ombre du grand-écran par un pianiste, au temps où le cinéma ne parlait pas, elle n’a depuis jamais cessé d’évoluer. À l’époque du numérique, chacun peut aujourd’hui accéder à la création musicale. Mais peu parviennent à percer dans le milieu cinématographique. Rachel Léger y a posé un pied.

Employée de jour dans une compagnie de crédit-bail à Winnipeg, elle consacre l’essentiel de son temps libre dans ce qu’elle appelle « sa job de passion ». « J’écris de la musique pour des courts-métrages, des documentaires ou des pièces de théâtre. »

Petite, chez elle à Fredericton au Nouveau-Brunswick, la musique tient un rôle particulier. « Je suis la plus jeune de trois filles. J’ai grandi en voyant mes deux grandes soeurs jouer du piano, alors j’ai aussi appris. Mais je voulais apprendre à jouer d’autres instruments, et comprendre la nature de chacun. » En 7e année, elle s’essaye alors aux instruments à vent. Trompette, saxophone, trombone notamment, qu’elle étudie pendant six ans, en plus de quelques leçons de violon.

Aussi précoce soit-elle pour la musique, sa passion pour le cinéma met en revanche plus de temps à apparaître. « Je n’ai pas grandi en regardant beaucoup de films, et donc en écoutant beaucoup de musiques de films. C’est en première année à l’Université de Moncton que j’ai eu ma première révélation, avec la trilogie du Seigneur des Anneaux. J’ai aussi réalisé que c’était un métier. »

Depuis, John Coltran, Louis Armstrong et Miles Davies côtoient Howard Shore, John Williams et Hans Zimmer sur ses étagères musicales. Une passion qu’elle approfondit à l’Université de Moncton, où elle reçoit des cours de composition et d’orchestration, puis aux États-Unis au Columbia Collège Chicago, où elle complète une maîtrise en musique de film.

« C’est là-bas que j’ai vraiment commencé à développer mon identité musicale. On était amenés à utiliser d’autres instruments du monde, ça m’a permis de changer ma perception de la musique et de faire évoluer mes compositions. » Son dernier semestre, elle le passe à Los Angeles, où elle enregistre pour la première fois avec un orchestre, pour le court-métrage Récits d’hyperinflation. Un travail qui lui vaut deux prix à un concours national de jeunes compositeurs de musique audiovisuelle en 2013.

Désormais, elle passe la majorité de son temps libre sur son ordinateur, à donner vie à ses partitions. « Les sons sont virtuels. Même si de nos jours ils sont de plus en plus perfectionnés et proches de la réalité, ils ne seront jamais aussi bons que ceux d’un vrai instrument. Donc j’utilise aussi ma propre banque de sons sur mon ordinateur. » Si Rachel Léger se penche sur ces créations musicales avant tout pour le plaisir, secrètement, elle s’imagine aller plus loin.

« J’aime beaucoup les documentaires tournés autour de la nature, qui donnent beaucoup de place à la musique, et dans lesquels on peut vraiment créer nos propres univers, donner notre sensibilité, comme pour les films fantastiques. C’est quelque chose qui m’attire beaucoup. »

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