Avec A Murder’s Hunt, Danica Taylor fait d’une pierre deux coups. L’auteure de 21 ans publie son tout premier roman. Et, grâce à son personnage principal, elle met en avant son identité de femme aromantique.

Par Daniel BAHUAUD

Danica Taylor sourit d’engouement lorsqu’elle parle d’A Murder’s Hunt, qui sera lancé le 15 février. (1)

« J’ai toujours voulu écrire un bon caper. Un caper, c’est un roman où les héros sont des criminels. Dans un caper, des voleurs, des gangsters, etc., se liguent pour accomplir une tâche donnée. Dans certains cas, il s’agit d’un vol. Dans d’autres, un kidnappage. »

Dans le cas d’A Murder’s Hunt, le caper à accomplir est un meurtre. Ou plutôt, un assassinat. La ville d’Othloh vit sous l’emprise de bandes criminelles qui maintiennent une paix fragile. « Lorsque Kestrel Fulani, un seigneur du crime, se met à déstabiliser cette paix, pour s’en débarrasser, trois autres boss embauchent une équipe de mercenaires qui opère sous le nom d’Occisor. » (ndlr : « tueur », en latin)

Il s’ensuit une série de péripéties que l’auteure refuse de commenter, par souci de ne pas trop divulguer, de « réduire le plaisir du lecteur ». « J’ai pris un plaisir fou à fignoler plusieurs intrigues pour divertir les lecteurs. Pourquoi leur gâcher le plaisir de la découverte? »

Une découverte potentielle risque d’être Hunter Ross, l’assassin principal d’Occisor. « Hunter Ross est une femme forte, intelligente et débrouillarde. C’est une ancienne gamine des rues qui a su tirer profit du rude apprentissage de son enfance. Elle est aussi une aromantique. Hunter ne cherche pas, et n’a jamais cherché, à former une relation de couple avec un homme. Elle privilégie une amitié platonique profonde, qu’elle entretient avec Raphael Costello, le hacker expert en informatique d’Occisor. Pour Hunter, l’intimité émotionnelle transcende la part physique. Elle est une femme complète, sans chum. »

À l’image de Danica Taylor. « Au secondaire, lorsque j’étais au Collège Louis-Riel, je n’avais pas le goût de fréquenter, d’avoir un chum. Je ne suis pas asexuelle – j’éprouve des désirs – c’est juste l’idée même d’une relation romantique qui me révolte. »

Son déclic s’est produit « après beaucoup d’introspection » lorsqu’elle était en deuxième année d’arts à l’Université de Winnipeg.

« Être aromantique, ce n’est pas seulement ne pas chercher activement une vie de couple. C’est remettre en question l’idée même qu’il faut en avoir une. Je n’attends pas un Prince charmant. Si je n’ai pas de petit ami, ce n’est pas parce que je n’ai pas encore rencontré le bon gars.

« Ce n’est pas non plus parce que je suis une personne introvertie. Il y a des aromantiques très extravertis. C’est que le couple n’est pas ma priorité, ou à la base de mes relations sociales. Je ne me ronge pas les ongles parce que je n’ai pas de date pour la Saint- Valentin. Et je refuse tout simplement de me conformer aux attentes d’une société amatonormative. »

En ce sens, fait remarquer Danica Taylor, un aromantique ressent une affinité avec la communauté LGBTQ* : « Des liens ont en effet été tissés au fil des années entre les communautés aromantiques et LGBTQ*. Historiquement, on a tous subi la pression de se conformer. En 2018, on peut tous afficher ouvertement notre identité sexuelle. Et même là, ce n’est pas toujours facile. Dans mon cas, heureuse-ment, mes parents comprennent et m’acceptent. Pourtant, d’autres doivent encore entendre : Pourquoi t’as pas de chum? Quand vas-tu te marier? C’est en partie pour eux que j’ai créé le personnage de Hunter Ross. »

(1) Danica Taylor présentera son roman, A Murder’s Hunt, le 15 février à 19 h à la librairie McNally Robinson, située au 1120, avenue Grant, à Winnipeg

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