La démission de Greg Selinger du siège de député de Saint-Boniface, le 7 mars, fut la « porte ouverte » que Simon Normandeau attendait pour se lancer en politique.
L’ancien président du Festival du Voyageur (1) et ancien président des Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba brigue désormais l’investiture du Nouveau parti démocrate (NPD) pour les élections partielles, dont la date est, à l’heure où l’on écrit ces lignes, encore inconnue.
Simon Normandeau, qui travaille comme conseiller pédagogique au ministère de l’Éducation, entend « poursuivre le travail accompli par Greg Selinger » à Saint-Boniface. À l’investiture du NPD, il fera face à, au moins, deux autres candidats : Blandine Tona et Lauralee Gooding.

par Valentin CUEFF

Quel a été pour vous le déclic pour vous lancer en politique?

Je suis impliqué dans le domaine de l’éducation depuis un bon nombre d’années. J’ai été président des ÉFM, je suis actuellement au ministère d’éducation. Je vois tout ce qui se passe. Et ça m’interpelle beaucoup, comme enseignant, comme parent, comme francophone et même comme fonctionnaire.

Ce qui se passe?

Oui, les actions du gouvernement actuel. Dans tous les milieux où je suis impliqué, y compris la culture avec le Festival du Voyageur, je vois qu’on va dans la mauvaise direction. On subit des coupures, des réductions de ressources. Je me sens interpellé par ces réalités. J’ai senti le besoin d’agir.

Ça fait des années que je caresse l’idée d’entrer en politique. Les derniers mois m’ont amené à y penser plus sérieusement. Là, une porte s’est ouverte, je suis entré. J’ai vu l’opportunité. On m’a parlé de Saint-Boniface et c’est une communauté que j’ai à cœur.

Depuis combien de temps êtes-vous membre du NPD?

Ça fait environ un mois. Traditionnellement, dans ma famille, ça fait de nombreuses années qu’on appuie le parti néo-démocrate. Nos valeurs sont les mêmes que celle du parti.

J’ai entendu, par exemple, notre chef Wab Kinew parler d’éducation, du BEF. Il y a cet enjeu, mais aussi la question d’offrir des services sociaux adéquats et permettre aux personnes de bien s’épanouir dans notre société. Voilà les valeurs que je partage avec le NPD.

Pour vous, ça veut dire quoi, être néo-démocrate?

Pour moi, c’est être à l’écoute de notre société. Être sensible aux questions d’équité, chez les femmes notamment ; l’intégration des nouveaux arrivants ; les jeunes aussi. On dit que les jeunes sont la réserve de demain, mais c’est aujourd’hui que ça se passe. Il faut s’assurer qu’ils reçoivent une éducation de qualité. Le NPD a beaucoup investi dans ce domaine-là.
Également, la santé. Que tout le monde ait accès à des soins de santé, notamment santé mentale.

Prendre la suite de Greg Selinger, qui a occupé ce siège pendant vingt ans, représente un défi de taille…

C’est un grand défi. Greg Selinger a représenté Saint-Boniface d’une belle façon. Et je compte poursuivre le travail qu’il a accompli. Je pense que j’ai les qualités pour le faire, grâce à mon expérience avec les ÉFM et au Festival du Voyageur.

Vous êtes actuellement employé du gouvernement, comment comptez-vous mener cette campagne?

Il y a une loi sur les activités politiques des fonctionnaires, qui permet à ceux-ci d’aller rechercher une nomination. Je peux donc m’exprimer librement, à la condition de ne pas utiliser, ou divulguer, des informations qui relèvent de l’interne. Si jamais je vais au bout du processus et que je suis nominé, je devrai prendre congé au moment du déclenchement des élections partielles.


(1) CORRECTION : dans une précédente version, l’article décrivait Simon Normandeau comme l’actuel président du Festival du Voyageur. Or, il a a démissionné de son siège le 27 février 2018.

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