Arnaud Maldague, lors de son expédition dans le Nunavut, à Arviat. Photo : Gracieuseté Arnaud Maldague

Arnaud Maldague est un jeune Belge qui s’est lancé dans un défi fou : parcourir l’Amérique du Nord au Sud, sans utiliser de véhicule motorisé ou de fuel.

Par Marie BERCKVENS

La nature, l’humain, le partage, se surpasser et apprendre : voilà comment Arnaud Maldague décrit l’aventure dans laquelle il s’est lancé le 8 janvier dernier à partir de Kugaaruk, au-dessus du cercle polaire arctique. On pourrait ajouter à cette liste, l’audace.

Le jeune Belge est déterminé à parcourir l’Amérique du Nord au Sud, en alliant six sports différents : le ski, le vélo, le kayak, la voile, la marche et l’équitation. « Chacun de ces sports m’emmène dans un environnement différent. Le ski, c’est vraiment la neige et le froid. Le kayak, c’est l’eau. Le vélo, c’est plus la terre. Et la voile, le vent. »

Le projet intitulé « Le Manneken Trip » (voir encadré), est avant tout, pour l’aventurier de 29 ans, un défi personnel. Mais aussi une vitrine pour présenter des initiatives environnementales. « Plutôt que de dire : Tiens, il y a ça qui ne va pas, je veux mettre en avant le fait que des gens sortent de leur zone de confort et font plein de choses tous les jours, pour l’environnement. Aujourd’hui, on est un peu dans une attitude négative. On dit : C’est la faute du gouvernement, des entreprises. C’est vrai. Mais en même temps, pas tellement parce qu’on peut tous faire quelque chose. »

Après la nature, l’autre jalon sur lequel repose son Manneken Trip est l’élément humain, pour rencontrer les autres et se retrouver aussi soi-même. « Dans un voyage comme ça, tu es 24 h sur 24 h avec toi-même. Tu dois apprendre à t’accepter. Quand je skiais, il y a des sujets qui revenaient dans ma tête, des pensées qui persistaient à propos du passé. Ces longues traversées avec moi-même me font beaucoup plus réfléchir à ce qui a de l’importance pour moi. Quand j’étais à Bruxelles dans le train-train quotidien, je ne réfléchissais pas vraiment comme ça. »

Sur le chemin jusqu’à présent, le Bruxellois a dû affronter des écueils : la perte de son GPS pendant quelques heures, la peur de passer à travers la glace lorsqu’il skiait au Nunavut. Et puis surtout la rencontre avec un ours polaire. En pleine nuit, alors qu’Arnaud Maldague dormait paisiblement, sa tente s’est mise à bouger, le tirant d’un profond sommeil.

« Il m’a fallu une demi-seconde pour comprendre ce qui se passait. Attaque d’ours polaire! Je n’ai pas trop eu le temps de réfléchir. Je me suis dit : Tcheu, Arnaud t’es con! Si ça se trouve, tu vas crever parce que tu n’as pas mis le dispositif d’alerte. Pourtant, j’avais vu des traces ce jour-là. Est-ce que je dois faire le mort ou pas? » Le jeune aventurier, pressé, sort de ses sacs de couchage, prend son arme et crie comme un fou. Heureusement, plus de peur que de mal. L’ours avait disparu.

Apprendre, toujours apprendre. « Il y a plein d’erreurs à ne pas faire et plein de réflexes à avoir. Je me rends compte à quel point le corps humain est capable de faire des choses incroyables. Mais aussi tout l’inverse. J’ai surtout appris à rester humble. Je comprends que je ne suis pas grand-chose et que c’est la nature qui est le chef. Une erreur en terre arctique, je la payais direct. Je me suis rendu compte de la chance que j’ai. L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. »

Après avoir parcouru à vélo une partie du chemin de fer de la Baie d’Hudson, Arnaud Maldague se dirige à présent vers Winnipeg. Pour financer son aventure, il cherche toujours des sponsors, en se disant néanmoins conscient d’une chose : « Les gens que je rencontre au hasard, ce sont eux mon plus grand sponsor. »


Pourquoi le Manneken Trip?

En référence à Manneken Pis, la célèbre fontaine à Bruxelles qui représente un petit garçon qui urine. « Je viens de Bruxelles, alors ça fait un clin d’oeil. J’aime l’autodérision autour de cet emblème, à la fois génial et ridicule, qui représente bien la Belgique. Mais au-delà de ça, il y a aussi le mot Manneken, qui veut dire petit gars, bonhomme. Plutôt que de faire passer les athlètes pour des surhommes, j’aimais bien l’idée de dire C’est l’expédition du Manneken, pour montrer que tu n’as pas besoin de mesurer 1m90, avoir fait l’armée… pour faire des choses extraordinaires. »

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