Par Michel LAGACÉ

La tenue d’un forum annuel proposé par le comité de refonte de la SFM avait pour but de créer une nouvelle culture organisationnelle dans la francophonie manitobaine, une culture axée sur la concertation entre les organismes. Le comité souhaitait l’intégration des organismes à la SFM « afin d’assurer une plus grande concertation des efforts dans la réalisation des objectifs stratégiques de l’ensemble de la francophonie manitobaine ». Le forum de la semaine dernière constituait donc une première occasion de réfléchir sur les forces et les faiblesses de cette formule.

Les participants au forum ont entendu 17 rapports qui énuméraient les projets et les activités des organismes francophones. La rencontre s’est avérée passive, puisque personne n’a commenté un seul rapport. Et le forum n’a donné lieu à aucune discussion sur la concertation et sur l’intégration des organismes à la SFM.

L’introduction aux 17 rapports distribués aux participants annonçait que les membres du CA allaient « faire part de leurs efforts et contributions à la réalisation du plan stratégique ». Or presque personne n’a parlé de son rôle comme membre du CA. Les listes d’activités qu’ils ont présentées reflétaient tout simplement ce que les organismes auraient fait indépendamment du plan stratégique communautaire. Une première constatation s’impose : un inventaire partiel d’activités ne peut pas assurer de lui-même la réalisation du plan stratégique. La concertation exige un effort continu durant toute l’année et, pour s’en assurer, il faudra enfin définir le rôle des représentants institutionnels et sectoriels au CA de la SFM.

Il faudra aussi évaluer jusqu’à quel point les orientations énoncées dans le plan stratégique ont été poursuivies. La simple énumération d’activités ne permet pas d’identifier les objectifs qui ont été atteints ou négligés. Quelles sont les lacunes ou les dédoublements? Il faut une analyse détaillée avant la prochaine rencontre pour que les participants puissent discuter de concertation et donner un sens au forum. À première vue, par exemple, deux des cinq axes du plan stratégique ont reçu l’attention de peu d’organismes : la diversité et l’inclusion ; le renforcement des capacités et structures de la francophonie (1).

Deux conclusions préliminaires s’imposent donc. La première : il faudra s’assurer de définir le rôle des membres du CA de la SFM, puisque le but de sa nouvelle structure est d’assurer une concertation des efforts dans la réalisation des objectifs stratégiques de la francophonie. La deuxième conclusion : il faudra une analyse des rapports des représentants d’organismes et des secteurs pour identifier jusqu’à quel point ils répondent collectivement aux attentes formulées dans le plan stratégique communautaire.

Sinon, le forum va rester tout simplement, année après année jusqu’en 2035, le dépositaire de listes d’activités au lieu de répondre à son objectif central.

(1) Les autres axes sont : vitalité et pérennité; les services; fierté, célébration et participation.

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