11 octobre 2018. Jour de moments exceptionnels dans les annales des assemblées de la Société de la francophonie manitobaine. Et point de départ du processus qui va conduire à l’indépendance de La Liberté, aujourd’hui propriété de la SFM.

Par Daniel BAHUAUD

Cinq moments de l’AGA ressortent en particulier.

1.-Ordre des propositions renversé

Dès les premières minutes de l’AGA, les quelque 200 personnes présentes ont eu droit à de l’exceptionnel, lorsque Léo Robert, appuyé par Ariane Freynet-Gagné, a proposé de modifier l’ordre du jour pour inverser l’ordre de priorité des trois propositions soumises à l’Assemblée. Au nom du raisonnement suivant : « Les deux dernières propositions viennent du CA de la SFM. Elles émanent de l’AGA de 2017. Par respect pour nos élus, il me semble qu’on devrait les débattre avant celle qui a été présentée par des membres. » Proposition adoptée. Et la Proposition 1 devient ainsi la Proposition 3.

2.-Procès-verbal rejeté

Deuxième surprise, cette fois de taille : le rejet de l’adoption du procès-verbal de l’AGA du 12 octobre 2017, au motif que le document était incomplet.

Michel Lagacé a fait valoir : « Il manque l’intervention de Me Marc Marion, président de Presse-Ouest Ltée (POL) sur les tentatives d’ingérence touchant La Liberté. Me Marc Marion avait en particulier aussi noté que POL n’est pas obligé de soumettre ses procès-verbaux à la SFM. L’absence de son intervention fausserait la teneur de l’Assemblée de 2017 si le procèsverbal était adopté comme tel. »

L’Assemblée a voté : le PV est rejeté. Par conséquent, le procès-verbal modifié pour inclure les remarques de MeMarc Marion sera présenté à l’Assemblée générale annuelle de 2019.

3.- La Liberté : déblocage inattendu du dossier

Lorsque l’Assemblée s’est penchée sur la Proposition numéro 1 (l’ancienne Proposition numéro 3) du CA de la SFM, proposée par Dominique Arbez et appuyée par Blandine Ngo Tona, qu’une réunion communautaire publique ait lieu sur le dossier de POL avant mai 2019, Raymond Poirier a d’emblée amorcé une discussion sur les conséquences de cette proposition :

« On s’enligne pour deux autres rencontres. Ça fait quatre ans qu’on en parle. Le statu quo ne fonctionne pas. Le comité mandaté d’étudier la structure de gouvernance de Presse-Ouest a fait son travail. Il a recommandé que Presse-Ouest devienne une entreprise sociale. On ne devrait pas régler des problèmes techniques en assemblée publique. Les CA de la SFM et de Presse-Ouest devraient se rencontrer et commencer les démarches pour créer l’entreprise sociale. » Une série d’interventions sont allées dans le même sens, dont celles de :

Léo Robert : « Je suis tanné des réunions, tanné des comités, tanné des consultations qui nous font arriver à la même place. Qu’on mandate les deux CA d’en arriver à une solution. »

Mariette Mulaire : « La société célèbre les innovateurs, avec raison. Pour ça je félicite La Liberté, son conseil d’administration, sa direction et son équipe. Que les CA de POL et de la SFM passent à la prochaine étape. »

Jean-Paul Gobeil : « J’étais président de POL en 1975 quand on discutait déjà de l’autonomie du journal. En 1976, La Liberté était près de la faillite. On a travaillé fort pour assurer la survie du journal. Et aujourd’hui on continue à se lancer la balle. Passons à l’action. Une réunion communautaire n’est pas nécessaire. »

Normand Gousseau : « C’est une question de confiance. Quand on met en place un CA et qu’on crée un comité d’étude, il faut avoir confiance en son travail. Et ses recommandations. Avançons. »

David Dandeneau : « De toutes les institutions que nous avons, La Liberté est peut-être notre plus grande richesse. Le journal nous rappelle qui nous sommes, d’où nous sommes venus et où nous allons. J’ai consulté La Liberté numérisée, disponible en ligne. Je sais qu’une bataille similaire a eu lieu en 1972. Il faut avancer. »

Quelques interventions dissidentes, émanant du groupe signataire de la Proposition Albert Lepage, ont avancé l’idée qu’il fallait consulter la communauté avant de faire avancer le dossier sur la structure de gouvernance de La Liberté. Ainsi, Denise Lécuyer, Gérard Lécuyer et Alphonse Lawsonont refait valoir que le journal était centenaire et qu’il n’y avait pas d’urgence à prendre une décision. Un sentiment résumé ainsi par Gérard Lécuyer :

Gérard Lécuyer : « Le journal est important pour la communauté. Il a un rôle extraordinaire. Il ne faudrait donc pas avoir peur d’en parler. Il faut discuter de son avenir, ensemble. Allons-nous faire le bon choix? »

Les interventions conclues, Raymond Poirier, appuyé par Léo Robert, a d’abord proposé de modifier cette proposition pour que l’AGA mandate les CA de la SFM et de POL de mettre sur pied une entreprise sociale, telle que recommandé par le comité d’étude, qu’ils s’adjoignent le président du Comité de refonte et celui du comité d’étude et qu’ils fassent rapport à la prochaine AGA. Le président de l’assemblée Donald Legal a toutefois rejeté l’amendement, parce qu’il aurait changé le sens de la proposition initiale.

Pour pouvoir néanmoins traiter de la proposition du CA de la SFM, une deuxième proposition d’amendement de Raymond Poirier, toujours appuyée par Léo Robert, a été soumise : Que le quatrième attendu du préambule soit rayé et qu’on ajoute à la fin de la proposition : « à moins que l’AGA mandate autrement la SFM ». Proposition adoptée.

Ce vote a permis la proposition clé de la soirée. Une fois de plus proposée par Raymond Poirier et appuyée par Léo Robert.

Que cette AGA mandate les conseils d’administration de la SFM et de Presse-Ouest Ltée de mettre sur pied une entreprise sociale telle que recommandée par le comité d’étude. Qu’il s’adjoigne les présidences du Comité de refonte [Raymond Lafond] et du comité d’étude [MeRénald Rémillard] et qu’ils fassent rapport à la prochaine AGA. Proposition adoptée à la quasi-unanimité.

4.- Une proposition « irrecevable »

Avant même que la Proposition numéro 2 émanant du CA de la SFM ne soit soumise à l’Assemblée, Donald Legal, le président de l’Assemblée, l’a jugée « irrecevable ».

« Elle n’est pas claire. Et elle est incomplète. »

Donald Legal a souligné le manque de cohérence entre la version de la proposition publiée par la SFM dans La Liberté du 19 septembre et celle publiée sur le site web de l’organisme.

La Proposition numéro 2 avait pour but d’introduire des modifications mineures au Règlement administratif de la SFM. Pour assurer le bon fonctionnement de l’organisme porte-parole, Raymond Poirier, appuyé par Raymond Hébert, a proposé que la décision de Donald Legal soit renversée. Proposition adoptée.

Par la suite, Stéfan Delaquis, membre du CA de la SFM, appuyé par David Dandeneau, a proposé l’adoption de la Proposition numéro 2. Avec succès.

5.-Retrait de la troisième proposition

La Proposition numéro 3 (anciennement Proposition numéro 1) voulait la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire avec à la clé analyse juridique et financière ainsi que la création d’un comité pour discuter du processus à suivre.

Étant donné l’adoption de la proposition Poirier-Robert, Albert Lepage, l’auteur de la Proposition numéro 3, l’a retirée, avec l’aval de ses appuyeurs (1).

Il a tenu à souligner : « Nous n’avons jamais voulu humilier ou gêner qui que ce soit par les attendus de notre proposition. S’il y a eu offense, je m’en excuse. Je demande aux CA de la SFM et de Presse-Ouest de considérer ce qui est contenu dans notre proposition. » (1)

Gérard Lécuyer, Denise Lécuyer, Michèle Lécuyer, Jacqueline Blay, Anick D. Péhé Lia, Jean-Louis Péhé, Alphonse Lawson, Jacques Saquet, Emmet Collins, Gisèle Saurette-Roch, Paulette Carrière-Dupont, Jacques Dupont

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