Après deux années comme vice-présidente du conseil d'administration du Festival du Voyageur, Lynne Connelly succède à Simon Normandeau et endosse le capot de présidente du Festival du Voyageur. Photo: Marta Guerrero

La nouvelle présidente du Festival du Voyageur, Lynne Connelly, est une amoureuse sans bornes de sa culture canadienne-française, dont le fin fond est l’héritage du voyageur.

Par Morgane LEMÉE

À 34 ans, Lynne Connelly est la deuxième plus jeune présidente du Festival du Voyageur. Pourtant, elle ne l’aurait jamais cru il y a six ans, lorsqu’elle a rejoint le conseil d’administration. « Quand on nous demande de rejoindre un CA, on pense que ça va être des rencontres et des discussions ici, puis là. Mais au Festival, c’est vraiment une famille. Je sais que c’est cliché de dire ça, mais c’est vrai. C’est une équipe engagée, dédiée. Ma culture du voyageur, mais aussi de la communauté, s’est enrichie grâce à eux. On a des liens très forts. C’est un sentiment très spécial. »

Quand elle pense à ses nouvelles responsabilités, Lynne Connelly n’a qu’un mot à la bouche : « honorée ». « C’est drôle, car, même si j’étais présidente par intérim depuis fin février, même s’il n’y avait aucune concurrence, sentir la confiance que m’ont manifestée l’Ordre des voyageurs et les Vieux Loups (les anciens présidents et présidentes du Festival du Voyageur), ça m’a vraiment fait quelque chose. Les Vieux Loups m’inspirent beaucoup. C’est fascinant de les écouter. J’admire particulièrement Lucille Cenerini, qui a été la première femme présidente du Festival. Les trois derniers présidents, Geneviève Clément, Daniel Leclair et Simon Normandeau, m’ont aussi beaucoup guidée, enrichie. »

« Le Festival du Voyageur, c’est important pour moi, pour ma famille et, sans vouloir parler pour tous les Franco- Manitobains, je sens que ça l’est pour eux aussi. Tout le monde a un attachement personnel, une histoire, un souvenir avec le Festival. Le Boulevard, le Canot, la Cabane à sucre. C’est synonyme de nombreux souvenirs pour les gens. Et aujourd’hui, quand je me dis que je suis à la présidence de ce Festival, c’est comme… Wow! »

Il faut dire que cette passion de Lynne Connelly ne vient pas de nulle part. Benjamine d’une fratrie de six, elle a hérité de ses parents un sens fort de l’engagement communautaire. « Je tiens ça surtout de ma maman, Diane Connelly, qui est très impliquée, partout. C’était juste une question de temps avant que je m’engage de cette manière à mon tour. Et puis, le Festival du Voyageur me correspond totalement. Je suis impressionnée par l’histoire des voyageurs. Je me demande ce qu’ils penseraient ces gars-là s’ils voyaient comment on célèbre aujourd’hui leur culture et leur mode de vie, dans une telle joie de vivre. »

Et être un voyageur, ça veut dire quoi au juste? « Pour moi, ça veut dire embrasser son héritage. Ça veut dire célébrer la culture franco-canadienne, mais aussi son patrimoine, ses origines. Chaque personne est différente. Au Canada, on est absolument tous immigrants, à un point ou un autre. On est tous des voyageurs. C’est pourquoi j’invite tout le monde à s’approprier sa propre définition de voyageur. L’année passée, quelqu’un a créé un capot avec le drapeau des Philippines. J’adore! Je rêve de voir un jour une famille d’origine africaine comme Famille officielle du Festival. Car le Festival appartient à nous tous. »


Pourquoi le déficit n’inquiète pas

Lors de son assemblée générale annuelle du 3 octobre 2018, le Festival du Voyageur (FDV) annonçait un déficit de 218 952 $, par rapport au budget initial anticipé de 3,4 millions $ pour l’année 2017/2018. Darrel Nadeau, directeur général du FDV, souligne la raison principale du déficit.

« On a fait des projections de revenus trop élevées. 2017 était une année financièrement extraordinaire, avec des revenus de 3 463 868 $. On a rectifié le tir et on a révisé notre budget pour l’année 2018/2019. On l’a fixé à 3 171 329 $. »

« Notre situation financière n’est pas inquiétante, car nous avons des actifs nets de 469 530 $. C’est notre réserve, pour nous protéger durant les années plus difficiles. Notre but est d’augmenter le surplus accumulé l’année prochaine. On fonctionne avec une ligne de crédit pour être capable d’opérer en attendant les octrois qui mettent parfois du temps à arriver. »

Le budget du Festival du Voyageur est financé à environ 30 % de subventions provenant de la Province du Manitoba, de la Ville de Winnipeg, de Patrimoine Canada, des Conseil des Arts de Winnipeg et du Canada, du Gouvernement du Québec, ainsi que d’autres subventions ponctuelles. 55 % du budget est financé par les revenus des ventes de billets d’admission, de nourriture et de marchandise. Les 15 % restants proviennent des commanditaires.

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