Photo : Morgane Lemée

Élise Kroeker a une grande passion : le dessin. Un talent inné, qui lui vaut de partager la vedette avec sa maman, la photographe Gabrielle Touchette, pour une exposition qui respire l’originalité.

Par Morgane LEMÉE

Il était une fois… Non. Il est une fois, à Winnipeg, une petite fille avec une âme d’artiste. Du haut de ses sept ans, stylo noir toujours à portée de main, petite Élise est toujours à l’affût d’insuffler vie à ses animaux inventés.

C’est à l’âge de dix mois qu’Élise Kroeker a produit ses tout premiers barbouillages. Sa mère, Gabrielle Touchette, s’en souvient très bien. « Elle pouvait tenir une cuillère. Alors, je lui ai donné un crayon et un bout de papier pour l’encourager. Quand elle me voyait dessiner, elle me regardait et me copiait. À chaque fois que je dessinais avec elle, c’est comme si elle aiguisait son coup de crayon, pour mieux en prendre possession et faire ses dessins à sa manière. »

Gabrielle Touchette s’emploie à l’appuyer, pour que sa fille développe son talent naturel. Chaque jour, en rentrant de l’école, petite Élise retrouve son bureau et ses crayons bien aimés. Son outil préféré? Des stylos à encre noire, car elle « aime dessiner plus que colorier ».

Mais que se passe-t-il dans sa tête? Difficile à dire. Élise elle-même ne peut pas l’expliquer. Elle aime juste dessiner. « Je ne sais pas vraiment pourquoi je dessine. Des fois, je m’inspire un peu de dessins animés. Mais sinon, je pense juste à quelque chose que je veux dessiner, et je vais juste le faire. C’est presque toujours des histoires inventées. »

Il est une fois… Tout droit sorti de son imagination, le « Majeur ». « C’est plein de choses mélangées. Cet animal peut voler, nager. Il a des pattes de grenouilles et de canard, des ailes et un long cou de cygne. Il est bizarre parce que quand il a une tête fatiguée, ça veut dire qu’il est content. »

Élise Kroeker se fait connaître par son art, celui de traduire son imagination par les traits. Et pas seulement dans la cour de récréation de l’École Précieux-Sang. Une amie de la famille fait régulièrement l’acquisition de certaines de ses oeuvres. La jeune artiste transforme cet argent en nouveaux bons marqueurs et stylos.

Poussée par son imaginaire, Élise Kroeker en est déjà à sa deuxième exposition. En avril 2017, elle avait participé à Minipeg Art Party, où trois de ses oeuvres avaient été vendues. Avec un sourire timide, la dessinatrice s’en réjouit : « Je suis fière, je pense. Je suis contente de montrer mes dessins aux gens. »

Parmi la trentaine d’oeuvres d’Élise que mère et fille ont choisies, la moitié est réalisée avec une de ses techniques préférées : des dessin en une seule ligne continue.

L’exposition représenter + refléterest le fruit d’une complicité mère-fille. Gabrielle Touchette, photographe professionnelle, a voulu se donner plus de temps cette année pour des projets créatifs. Élise Kroeker, armée du vieil appareil photo de sa maman, l’accompagnait presque à chacune de ses sorties. Est venue alors l’idée qu’elle participe aussi à l’exposition. « Je suis vraiment fière d’Élise. C’est l’fun qu’elle ait l’occasion de montrer ses oeuvres, une chose que je n’avais pas la chance de faire quand j’avais son âge. C’est surtout ça, l’idée de l’exposition. Ce n’est pas vraiment mes photos, qui ne sont pas très deep, qui n’ont pas d’histoire. La beauté, c’est qu’on fasse ça ensemble. »

(1) L’exposition représenter + refléter est à voir jusqu’au 30 novembre, à la PrairieView school of photography, 200-464 rue Hargrave, à Winnipeg. Galerie ouverte du mardi au jeudi de midi à 13 h 30 ou sur rendez-vous.

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