Richard Loiselle, aujourd'hui sain et sauf, et son épouse Anie Cloutier. Photo: Daniel Bahuaud

Grâce à sa connaissance du massage cardiaque, Anie Cloutier a pu intervenir d’une manière décisive quand son époux, Richard Loiselle, a subi un arrêt. Un geste qui lui a valu un coup de chapeau de l’Ambulance Saint-Jean (1).

Par Daniel BAHUAUD

19 décembre 2017, 20 h. Tout est paisible à la résidence d’Anie Cloutier et de Richard Loiselle. Richard regarde la télé. Anie quitte le salon pour aller faire de la lecture.

20 minutes plus tard, elle entend un gros « Boum » et s’interroge : les deux filles ont elles fait tomber une bibliothèque à l’étage? Un accident s’est-il produit dehors? Anie se lève pour investiguer. C’est alors qu’elle trouve Richard immobile sur le plancher, avec ses jambes sous le divan.

Anie Cloutier se souvient distinctement de l’instant : « J’ai vu Richard. J’ai vu du sang. Il ne réagissait plus. J’ai vécu peut-être cinq secondes d’hésitation. Et puis j’ai appelé les filles, Paule et Zoé, qui se sont tout de suite activées. Le divan a été écarté du chemin et le téléphone m’a été passé avec une efficacité extraordinaire.

« J’ai composé le 911. À l’autre bout du fil, la dame me demande : Est-ce que Richard respire. Non? Alors commence tout de suite le massage cardiaque. »

Anie Cloutier n’a pas hésité. « Je savais quoi faire. On n’a pas perdu de temps avec des explications. À 18 ans, j’étais maître-nageuse à Montréal. J’avais reçu une formation en secourisme. Plus récemment, j’ai suivi une remise à niveau au travail, avec Formation en secourisme Canada, l’entreprise bonifacienne de Christian Clavelle.

« La technique a évolué au fil des années. Autrefois, il fallait alterner entre le massage cardiaque et la respiration artificielle. De nos jours, on nous enseigne que le massage doit être constant. Parce que le système reçoit de l’oxygène avec le massage.

« La formation, ça aide. J’étais un petit peu plus en confiance. Mais quand tu fais la réanimation cardiaque sur ton mari, tu es toujours en état de crise. J’aime Richard de tout mon coeur. Je n’étais pas calme. J’étais sous le choc. »

Tout en continuant le massage cardiaque en attendant l’arrivée des ambulanciers, Anie Cloutier se faisait des scénarios.

« Je savais que sans oxygène, le cerveau commence à se dégrader en quatre à six minutes. Essentiellement, tu as quatre minutes pour agir. Je me demandais combien de temps Richard était tombé avant que je sois passée à l’action. Est-ce que j’avais condamné mon mari à être en fauteuil roulant à Riverview? »

À Winnipeg, le temps d’attente moyen pour une ambulance en cas d’extrême urgence se chiffre à sept minutes. Les paramédicaux sont arrivés en cinq minutes.

« C’était un gros coup de chance. N’empêche qu’ils ont travaillé sur Richard pendant 45 minutes avant de le monter dans l’ambulance. Au total, son coeur n’a pas battu de lui-même pendant 50 minutes. »

Quand Anie Cloutier a-t-elle mesuré la portée décisive de ses actions? « À l’urgence, un médecin m’a dit que j’avais fait une bonne job. Je ne le croyais pas parce qu’on était encore en pleine crise. On ne savait pas comment tout finirait.

« Avec le recul, je sais que j’étais au bon endroit, au bon moment. Si Richard avait eu son arrêt cardiaque ailleurs, au soussol, en travaillant dans le garage, il serait mort. S’il avait été seul dans la maison, il serait mort.

« Parce qu’il y a une grande différence entre un infarctus du myocarde et un arrêt cardiaque. L’infarctus produit un malaise. La victime se débat et peut souvent parler. Lors d’un arrêt, tu tombes inconscient tout de suite. Neuf fois sur dix, à l’extérieur de l’hôpital, les victimes d’un arrêt cardiaque ne survivent pas.

« Avec ma formation en secourisme, je crois que mon intervention a été critique avant l’arrivée des secouristes, qui l’ont ensuite pris en main. Je crois que toute personne devrait obtenir une formation en secourisme. En famille, au travail. Il faut apprendre le massage cardiaque, et l’emploi d’un défibrillateur. C’est mon conseil. Parce que aujourd’hui, j’ai mon mari. »

(1) Anie Cloutier a reçu le Prix de sauvetage le 30 octobre lors de la cérémonie d’investiture de l’Ambulance Saint-Jean, tenue à la résidence de la lieutenant-gouverneure, Janice Filmon. En tout, 12 personnes se sont vues remettre un Prix de sauvetage par Janice Filmon. 

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