Bernadette-Anne Balagtas, étudiante à l’Université de Saint-Boniface et réceptionniste au Théâtre Cercle Molière (photo : Marta Guerrero).

Étudiante de l’Université de Saint-Boniface, Bernadette-Anne Balagtas a fait de sa passion pour le français son cheval de bataille. Elle fait partie d’un mouvement croissant de jeunes d’origine philippine qui explorent le versant francophone du Manitoba et tiennent à le partager à travers leurs activités.

Mariam BA SOW

Bernadette-Anne Balagtas est une jeune femme très occupée de vingt ans. Elle prépare une double majeure en quatrième année à l’Université de Saint-Boniface. En plus de ses études, elle est chargée du service à la clientèle ainsi que de la réception au Théâtre Cercle Molière depuis janvier 2018.

Avant de trouver cet emploi, elle gérait la clientèle d’un magasin. Mais cette situation ne lui correspondait pas vraiment. Avant de démissionner, elle a trouvé une annonce du TCM sur les réseaux sociaux et a tenté sa chance. Son intérêt pour le français s’était éveillé quelques années auparavant en classe de secondaire à Sisler High, grâce à une enseignante qui poussait ses élèves à participer à des manifestations culturelles autour de la francophonie. «J’ai appris qu’il existait un programme d’échange qui s’appelle Explore, et qui permet de continuer ses études dans une institution post-secondaire en immersion, comme au Québec ou à Calgary. J’ai été placée à l’Université de Saint-Boniface. C’est là que j’y ai développé cet amour pour le français.»

Bernadette-Anne Balagtas apprécie particulièrement son campus, qui lui permet de se plonger dans la culture francophone: «Pour moi, cette école est parfaite. Comme je prépare une majeure en histoire, je me passionne pour le passé de Winnipeg et de Saint-Boniface. Le grand avantage de travailler au TCM, c’est que je peux obtenir des billets gratuits pour certains évènements, et ainsi y inviter mes amis et mes frères pour partager avec eux cette passion.»
La jeune femme a quitté son pays natal avec sa famille à ses quatre ans. Elle s’identifie encore davantage comme philippine que canadienne. Néanmoins, elle est animée par ce sentiment d’être maintenant aussi francophone: «Être francophone pour moi, c’est le désir de s’épanouir dans une communauté, d’être fière de la langue que l’on parle, ainsi que du lieu où on travaille ou étudie. Il y a un réel sentiment d’appartenance. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut fréquenter toujours les mêmes lieux !»

Bernadette-Anne Balagtas prône ainsi la curiosité et encourage les francophiles à sortir de leur zone de confort pour acquérir de l’expérience: «À la réception du TCM, les gens pensent que comme je suis asiatique et originaire d’un milieu anglophone, ils ne peuvent s’adresser à moi qu’en anglais. Quand je leur parle en français, ils sont agréablement surpris et notre échange est plus intéressant. Au début, j’avais des appréhensions.». Avec l’expérience, les craintes de la jeune femme disparaissent: «C’est un véritable challenge de répondre au téléphone et aux clients sans avoir peur de mal s’exprimer. Cet emploi m’aide beaucoup dans ce sens. Les employés sont soumis à une évaluation chaque année pour déterminer leur niveau en français. On m’a dit que je m’étais améliorée. J‘ai surtout gagné une plus grande confiance en moi.»

Parler plusieurs langues a aussi d’autres avantages, comme pouvoir venir en aide plus efficacement aux personnes qu’elle renseigne : «Je parle le tagalog, l’anglais et le français. Être trilingue fait que je peux aider mes parents ou d’autres Philippins qui reçoivent des documents administratifs dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas bien.»

L’objectif de Bernadette-Anne Balagtas est de devenir enseignante. Le fait d’être très active dans la communauté franco-manitobaine à l’USB donne une image positive des Philippins: «Mes amis et moi représentons cette population à la faculté, et nous représentons aussi la jeunesse francophile auprès des Philippins dans les quartiers où nous vivons. D’années en années, nous voyons de plus en plus d’élèves originaires des Philippines fréquenter notre campus. Nous pouvons être fiers de cette influence positive.»

L’étudiante rapporte qu’elle est désormais dotée de «lunettes francophones» qui lui permettent de se mettre à la place de toutes ces personnes qui se battent pour faire vivre la culture francophone à Winnipeg: «Comme la culture anglophone est prédominante au Canada, ce penchant à la francophilie m’apporte une ouverture d’esprit supplémentaire et un sentiment de compassion envers mes concitoyens. La Liberté apporte sa pierre à l’édifice, car les étudiants de l’USB reçoivent le journal chaque semaine et des courriels les informant des nouveautés. La bibliothèque de l’Université est bien fournie et est pleine d’annonces et d’activités autour de la francophonie.»

Bernadette-Anne Balagtas ne s’arrête pas là: elle est bénévole à l’Université du Manitoba en tant que coordinatrice des écoles francophones pour «Parlons Sciences / Let’s talk about sciences». «J’ai déjà mis les pieds au Québec pour rendre visite à mon frère qui étudie au Collège Royal Militaire de Montréal. Je souhaite y retourner plus longtemps pour m’imprégner de la culture de la région. Et pourquoi pas faire un roadtrip en Europe avec des amis, visiter la France.»

Poussée par son élan, elle lance un message d’encouragement: «Si vous êtes passionnés par quelque chose, n’ayez pas peur de sortir de chez vous, d’affrontez les difficultés pour avancer et en ressortir enrichi.»

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