Par Michel LAGACÉ

Santé, éducation, administration de la justice et développement économique sont des préoccupations qui nourrissent les débats au palais législatif et qui accaparent la plus grande partie du budget provincial. Il est donc normal que le discours du Trône prononcé jeudi dernier touche ces domaines. Le discours réservait cependant au moins une surprise : le gouvernement veut adopter une loi référendaire qui “restaurera le droit des Manitobains de voter sur les hausses de taxes et impôts principaux et qui établira un cadre pour l’organisation et la tenue d’un référendum.”

Brian Pallister ne peut pas avoir perdu de vue qu’à l’élection de 2016, l’électorat lui avait donné toute l’autorité requise pour baisser ou augmenter les taxes et les impôts selon son bon jugement politique. Le projet référendaire étonne d’autant plus que M. Pallister avait lui-même annoncé l’imposition d’une taxe sur le carbone de 25 $ la tonne, sans en avoir cherché l’aval populaire.

La décision récente de M. Pallister de renoncer à cette taxe le laisse piégé dans les contradictions de ses promesses électorales de 2016. Il avait alors proposé un programme impossible : protéger les services de première ligne, maintenir le niveau de dépenses en infrastructures, ramener la taxe de vente de 8 % à 7 % durant son premier mandat, et réduire le déficit annuel de la province. Le gouvernement provincial a déjà restreint les services de première ligne et les dépenses en infrastructures pour réduire modestement le déficit annuel. Or, la taxe sur le carbone maintenant abandonnée devait rapporter 248 millions $ au gouvernement, tandis que la réduction de la taxe de vente devait priver le fisc de 300 millions $. Sans la taxe sur le carbone, d’où viendront les fonds qui permettraient de réduire la taxe de vente sans augmenter le déficit de la province?

Après quatre discours du Trône et une trentaine de mois au pouvoir, Brian Pallister et son gouvernement peinent encore à dévoiler les grandes lignes de leur stratégie financière. Jusqu’à présent, ils n’ont offert que des mesures superficielles qui ne font rien pour renflouer les coffres de la province. Ainsi, la loi prévoyait autrefois que l’indemnité supplémentaire versée à tout député qui devenait ministre serait réduite dès que la province encourait un déficit : il suffit maintenant que le gouvernement réduise le déficit par rapport à celui de l’année précédente, ce qui lui permet d’encourir des déficits indéfiniment sans pénalité.

Il est grand temps que Brian Pallister et son gouvernement mettent de côté les gestes vides de sens et qu’ils reconnaissent l’état réel des finances publiques au Manitoba. La loi référendaire proposée par M. Pallister n’est clairement qu’une distraction politique qui ne cachera pas le fait que ce gouvernement n’a pas les moyens de remplir les promesses qui l’ont porté au pouvoir en 2016.

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