Par Sophie GAULIN

 

Cette année 2019 marquera plusieurs anniversaires, dont certains majeurs pour l’avancée des droits linguistiques, non seulement pour l’ensemble du Canada, mais aussi pour notre province.

Le 7 septembre 1969, Pierre Elliott Trudeau, père de notre actuel Premier ministre, a mis le Canada au rang de pays officiellement bilingue en faisant adopter la Loi sur les Langues officielles. Une avancée majeure pour les Canadiens-Français, mais aussi pour tous leurs compatriotes. Pour au moins deux raisons évidentes : le bilinguisme permet au Canada de se distinguer de son voisin du Sud et d’avoir une clé supplémentaire pour s’ouvrir sur le monde.

Le Canada est depuis 50 ans un grand pays avec une Constitution qui enchâsse une identité bilingue forte. Autrement dit, être bilingue fait partie du patrimoine canadien. Les langues officielles ont d’ailleurs longtemps été sous la responsabilité ministérielle du bien nommé Patrimoine canadien.

S’il est capital de célébrer le cinquantenaire de cette loi si déterminante dans son rôle de force motrice économique et culturelle de notre pays, comme Canadiens bilingues nous avons aussi une responsabilité supplémentaire en cette année électorale. Celle de continuer à pousser notre gouvernement et notre Premier ministre Justin Trudeau afin qu’il repense ses priorités et fasse adopter, contre toute attente, une Loi sur les langues officielles intelligemment modernisée afin que les Doug Ford et autres populistes de ce monde comprennent que le bilinguisme au Canada EST et RESTERA NON-NÉGOCIABLE.

Vu la tiédeur d’Ottawa en la matière, nous gagnerions à prendre exemple sur Georges Forest, cet homme d’affaires métis emblématique du Manitoba français et de l’avancement de nos droits linguistiques dans notre province, créée bilingue en 1870. Nous devons garder en tête son courage, sa ténacité, son sens de l’histoire. C’est en décembre 1979 que la Cour suprême du Canada lui donnait raison d’avoir contesté une contravention unilingue anglaise émise par la Ville de Winnipeg. Il rétablissait ainsi, grâce à ses tripes métisses et francophones bien accrochées, une injustice commise envers ses concitoyens avec l’inique Official Language Act de 1890, le coup de force qui faisait de l’anglais la seule langue officielle. Les plus hauts juges ouvraient la porte au bilinguisme des lois et tribunaux manitobains, et par conséquent légitimaient à nouveau le fait français.

Comme Canadiens bilingues nous avons aussi une responsabilité supplémentaire en cette année électorale

En cette année de rendez-vous avec notre histoire, nous devrons être proactifs. Il nous incombera de rappeler à tous les amateurs d’histoire borgne les engagements du gouvernement Macdonald suite aux négociations avec les résidents de la colonie de la Rivière-Rouge qui avaient établi leur premier gouvernement provisoire en 1869. Engagements qui avaient été pris sous l’impulsion des Métis francophones et qui leur garantissaient de pouvoir préserver leur langue, leur religion et leurs terres. Ces promesses inscrites dans la Loi sur le Manitoba, nous devons les rappeler haut et fort, comme les promesses faites aux Autochtones lors des négociations de Traités. Par respect pour notre patrimoine, notre solidarité avec les peuples autochtones est tout aussi non-négociable.

Cette année 2019 est celle de ma 10e année à la direction de La Liberté. Elle marque aussi le départ du journal de Daniel Bahuaud, après très exactement 20 ans de service. Notre journaliste senior a en effet décidé de relever de nouveaux défis professionnels.

Le Conseil d’administration, la direction et l’équipe lui garantissent solennellement que La Liberté restera sa maison et ses anciens collègues, une famille.

Au nom de tous, je remercie Daniel d’avoir toujours fait l’effort de composer avec les difficiles réalités d’un journal en milieu minoritaire et d’une industrie en plein changement. Sa bienveillance a permis à bien des intervenants de se sentir en confiance pour partager dans nos pages leurs succès, leurs défis, leurs coups de gueule, leur réalité et leurs rêves. Je vous invite à lire son témoignage sur ses 20 ans passés à La Liberté. Nous lui souhaitons tous une excellente continuation dans tous les aspects de sa vie.

C’est à vous maintenant chers lecteurs, lectrices, partenaires et annonceurs que le conseil d’administration de Presse-Ouest Ltée, la direction et l’équipe de La Liberté souhaitent santé, sérénité et prospérité en 2019.

Pour ma part, je souhaite au journal de recevoir chaque semaine le plus significatif des cadeaux : vos lettres. Vos lettres à la rédaction qui démontrent plus que tout votre engagement et le lien qui nous unit. Écrivez, réagissez! C’est aussi par ce besoin de dialoguer que nous continuerons à témoigner que notre francophonie est bien vivante et que son coeur bat bien et fort.

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