Amelia Barnes. Photo: Morgane Lemée

Amelia Barnes l’a fait : son quotidien est 100 % zéro déchet depuis janvier 2018. Sans regrets. L’influenceuse winnipégoise profite des réseaux sociaux pour partager les ficelles d’un mode de vie durable.

Par Morgane LEMÉE

Amelia Barnes a une fille de trois ans. Elle assure que mêler maternité et zéro déchet est loin d’être aussi compliqué qu’on ne l’imagine. « Ce n’est pas particulièrement difficile, car tout ce qu’on utilise pour notre petite, on l’utilise pour nous. En vérité, certaines choses sont beaucoup plus faciles à trouver pour elle, comme les vêtements et les jouets. On trouve tout pour notre fille dans les magasins de seconde main. Beaucoup d’articles ont même encore leur étiquette. Les gens achètent tellement de choses pour leurs enfants dont ils ne se servent pas. C’en est presque ridicule. »

La boutique d’objets d’occasion: une règle d’or pour un mode de vie zéro déchet. « Il y a de nombreux avantages dans l’achat de seconde main : c’est beaucoup moins cher, il n’y a pas d’emballage, on fait moins d’achats compulsifs. Si vous cherchez quelque chose en particulier, je dirais d’aller voir dans les magasins d’objets usagés en premier. Vous seriez surpris de tout ce qu’on y trouve. Et si jamais ça ne marche pas, il y a toujours des ressources en ligne, comme Kijiji ou des groupes d’échanges de vêtements, par exemple. Des entreprises qui fabriquent leurs produits de manière plus écologique. On a des tonnes d’options et ce qui est cool avec l’ère d’internet, c’est qu’on peut les trouver sans forcément sortir de chez soi. »

Pour Amelia Barnes, la seule difficulté du mode de vie zéro déchet est la planification. « C’est le défi : il faut vraiment être organisé. Il ne faut pas que j’oublie le contenant en verre pour le snack de ma fille, ou sa bouteille d’eau. C’est sûr, faire ses propres chips de pommes de terre, c’est plus de travail que d’attraper un simple paquet. »

L’ancienne professeure de yoga avait commencé à se tourner vers un mode de vie plus minimaliste il y a trois ans. «Certains livres comme The Life-Magic of Tidying Up m’ont inspirée et motivée à suivre la pratique suivante : Si quelque chose chez vous ne vous procure pas de la joie, débarrassez vous- en. Je me suis alors débarrassée de beaucoup de choses matérielles. Ça m’a fait beaucoup de bien. »

« Il est aussi question d’une prise de conscience par rapport à l’environnement. Le plastique est un immense problème de notre temps. Les océans vont bientôt être plus remplis de plastique que de poissons. On se retrouve avec du micro-plastique dans la chaine alimentaire, donc dans nos assiettes. C’est effrayant. »

Amelia Barnes a plus de 108 000 followers sur la plateforme Instagram. Elle voit cette implication comme une responsabilité.

« Peu importe la taille du réseau, on a tous une certaine influence. C’est là où on peut commencer à partager des informations, des messages, et non pas juste une photo de plage pour faire joli. Il faut d’ailleurs dire que cette plage ne sera sûrement pas aussi belle dans quelques années, et pourquoi. J’utilise beaucoup les listes de courriels et mes publications pour informer. Je partage des articles, les ressources que j’ai trouvées intéressantes, des recettes faciles ou des entreprises respectueuses de l’environnement. Plus les gens sont éduqués, plus ils pourront faire de meilleurs choix. »

Amelia Barnes est volontiers prête à partager quelques-uns de ses secrets. « Pour les produits ménagers, on peut absolument tout faire avec trois ingrédients magiques : le bicarbonate de sodium, le vinaigre blanc et l’eau. L’huile essentielle de tea tree et le citron sont aussi des incontournables »

« J’ai un jour réalisé : Est-ce que je veux vraiment mettre sur ma peau des produits que je ne voudrais pas ingurgiter ou avoir dans mon corps? Pas vraiment. J’ai d’abord changé mes produits de beauté pour des alternatives zéro déchet trouvées en ligne, faites de bois ou de matériel biodégradable. Aujourd’hui, je fabrique mon fond de teint, mon shampooing sec et beaucoup d’autres produits moi-même. »


Le mythe de l’épicerie zéro-déchet

«Quand les gens pensent zéro déchet, ils ont tout de suite peur de l’épicerie, cette tâche ménagère. Ça peut être effectivement plus ou
moins compliqué selon où on habite, si les magasins de vrac ne sont pas proches de chez nous. Néanmoins, il y a plein d’options. À Winnipeg, il y a Bulk Barn par exemple. On y trouve énormément de choses en vrac. Il suffit d’apporter ses sacs ou son contenant en verre. Co-op et Vita Health ont aussi de bonnes sections en vrac. Des magasins comme Generation Green permettent de recharger nos bouteilles de savon et de lessive. L’été, les Jardins Saint-Léon et le Farmers Market sont des incontournables.

« Malheureusement, à Winnipeg, contrairement à d’autres villes comme
Vancouver ou Toronto, nous n’avons pas un magasin complètement zéro déchet où l’on pourrait faire absolument toute notre épicerie. Il faut alors aller à plusieurs places différentes. Encore une fois, ce n’est pas du magasinage beaucoup plus compliqué. C’est juste une question
d’organisation.

« Pendant longtemps, je pensais qu’il y aurait toujours des produits que l’on ne pourrait jamais trouver sans emballage, comme le fromage végan par exemple. J’ai alors expérimenté mes recettes. On peut trouver un
tas d’options ou d’alternatives sur internet. Et c’est en fait très facile, meilleur, et beaucoup moins cher. »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici