Par Michel LAGACÉ

Lors de la dernière campagne électorale au Manitoba, le chef de l’opposition, Brian Pallister, s’était engagé à réduire la taxe sur les ventes au détail de 8 % à 7 % durant son premier mandat. Nul ne peut douter de l’importance politique de cet engagement : l’ancien gouvernement néo-démocrate avait augmenté cette taxe de 7 % à 8 % malgré sa promesse de ne pas le faire.

Cette décision avait soulevé l’opposition populaire et fortement contribué à la victoire des progressistes-conservateurs aux élections de 2016. Pour pallier la perte de revenus alors estimée à 300 millions $, Brian Pallister a prétendu pouvoir réaliser des économies en éliminant du “gaspillage” dans les ministères tout en protégeant les services de première ligne.

Le budget provincial de 17,385 milliards $ déposé la semaine dernière permet de voir comment le gouvernement a donné suite à ses engagements. De toute évidence, des services feront les frais des “économies”, puisque plusieurs programmes connaîtront des coupures ou des augmentations minimales. Ainsi, le financement des collèges et des universités sera réduit de 5 millions $ (0,7 %) et l’augmentation de l’appui aux municipalités est limité à 0,6 %. Pour la santé, les aînés et l a vie active, l’augmentation des dépenses est projetée à 1,8 %, ce qui ne compense même pas le taux d’inflation et ne prend pas en compte l’augmentation de la population.

Pourtant Brian Pallister aurait pu faire autrement puisque le budget provincial contient une surprise : les transferts du gouvernement fédéral augmenteront de 324 millions $ ou 7,2 % en 2019-2020, une somme inattendue. Il aurait pu presque éliminer le déficit estimé à 360 millions $ ou encore maintenir le niveau des services, quitte à réduire la taxe de ventes au détail l’an prochain, à la veille des élections théoriquement prévues pour le 6 octobre 2020.

Ayant décidé de réduire la taxe de vente cette année, le gouvernement demeure en position déficitaire. Il devra donc emprunter les 330 millions $ auxquels il a choisi de renoncer annuellement. Pourtant, le Premier ministre n’a pas cessé d’insister sur le besoin d’éliminer le déficit annuel pour enrayer l’augmentation de la dette provinciale dont le paiement des intérêts, à lui seul, s’élèvera à 1,088 milliard $ en 2019-2020. Et, de toute manière, quel est le bienfait de ce déficit accru alors que la réduction de la taxe n’aura que très peu d’impact sur la vie quotidienne des Manitobains?

On le sait : tout budget exige que des choix soient faits. Le gouvernement a choisi d’augmenter la dette provinciale dans son empressement à réduire d’un point la taxe de vente. Au-delà de l’effet d’annonce, le choix politique de Brian Pallister imposera des coûts additionnels aux contribuables. Il lui reste maintenant la tâche de leur expliquer la logique de ses choix budgétaires.

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