Jacques Bourgeois âgé de 48 ans a d’abord été guide naturaliste pour devenir ensuite responsable des communications au centre d’Interprétation du marais Oak Hammock. Photo: Gracieuseté Jacques Bourgeois

Tous les jeudis, en Europe, des milliers de jeunes battent le pavé pour lutter contre le changement climatique. Au Manitoba, à l’année longue, le marais Oak Hammock fait sa part pour sensibiliser à l’environnement.

Par Marie BERCKVENS

Bon an, mal an, le centre d’interprétation du marais Oak Hammock reçoit 100 000 visites par an. Le responsable des communications, Jacques Bourgeois y travaille depuis 20 ans, presque depuis son ouverture. Il a remarqué un changement dans les mentalités ces dernières années.

Il fait valoir que ce sont surtout les générations montantes qui incarnent la pièce maîtresse de cette prise de conscience : « Les jeunes semblent facile à convaincre. Ils sont souvent plus ouverts à ce qu’on leur enseigne. Les parents, par contre, ont leurs habitudes et traditions. Ils ont été éduqués d’une certaine façon. Pour eux, le recyclage ou le compostage, ce n’est pas la première chose à laquelle ils vont penser.

« Les enfants, eux, sont nés avec une autre attitude. Ils ont été assaillis de messages écolo depuis leur jeunesse. C’est vraiment quelque chose qu’ils ont facilement assimilé et qu’ils vont transmettre à leurs parents. Je pense que la meilleure méthode, c’est passer par les jeunes au travers de l’éducation. »

Depuis quelques années, l’éducation à l’environnement est de plus en plus active, en impliquant davantage le public venu visiter le marais. Jacques Bourgeois développe : « Au début, on faisait plus de l’animation. C’était une visite guidée. On marchait sur le sentier, on montrait les oiseaux, les visiteurs regardaient les oiseaux avec les jumelles.

Mais au fond les gens aiment s’impliquer, participer, ils aiment avoir quelque chose à dire. Alors de plus en plus on les intègre à nos activités. Par exemple, au baguage des oiseaux, les gens ont la chance de tenir les oiseaux, de les toucher, d’avoir ce contact direct.

Une autre activité qu’on a développée, c’est une marche en cuissardes. Plutôt que de marcher sur le sentier, on marche dans le marais pour s’imprégner de l’habitat des grenouilles, être tout près des canards. Le but est de s’immerger complètement. Je pense que ça aide beaucoup à faire prendre une meilleure conscience des besoins de l’environnement, des animaux… C’est de la participation active. C’est un programme qu’on a développé pour que les gens se sentent plus impliqués.»

Est-ce qu’une telle démarche a un effet négatif sur la nature? Pour Jacques Bourgeois, les conséquences sont réduites : « Le marais, c’est 36 km2. ll y a un petit sentier qu’on suit pour que les gens aient une impression d’immersion. On veut juste donner un avant-goût. C’est beau de parler en théorie du marais, mais c’est important d’être immergé, de voir les plantes qui vont venir servir d’abris aux animaux, de voir qu’un oiseau va se nicher dans les quenouilles et qu’il va se nourrir de libellules. »

Un moindre mal alors pour une prise de conscience? Dans La Liberté du 7 septembre au 13 septembre 1990, trois ans avant l’ouverture du centre d’interpré tation, la journaliste Karine Beaudette écrivait : « Le débat demeure encore très chaud entre Canards Illimités Canada et les groupes d’environnementalistes. Débat environnemental mais aussi idéologique. Canards Illimités Canada a l’intention de construire son bureau central ainsi qu’un centre d’interpré tation au marais Oak Hammock situé dans la région d’Entre-les-lacs. »

Jacques Bourgeois commente: « Quand on a ouvert le centre en 1993, beaucoup de gens étaient contre cet édifice. On était censé conserver les marais et les protéger. Alors pourquoi est-ce qu’on viendrait construire un bâtiment pour détruire une partie du marais? Oui, on a eu un impact. Chaque bâtiment a un impact environnemental. Mais les bénéfices qu’on en retire depuis sont beaucoup plus importants que l’impact négatif qu’on pourrait avoir. Nos visiteurs peuvent repartir avec la protection de l’environnement plus à coeur s’ils le comprennent davantage. Il y a une réelle prise de conscience. Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire. »

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