Dans sa serre, Denis Rémillard surveille avec attention ses semences en train de germer. Photo: Marie Berckvens.

Denis Rémillard travaille dans les légumes depuis 1979. Il a observé au passage des décennies une préférence accordée aux produits locaux et organiques. Et il essaye de répondre à la demande de ses clients.

Par Marie BERCKVENS

Après avoir fondé les Jardins St-Léon en 1979 avec son épouse Lise Mulaire, Denis Rémillard a passé la main à ses enfants et un neveu en 2016. Il travaille cependant toujours en coulisses, pour aider ses enfants. Il prépare les semences et s’occupe ensuite des plants. Un travail patient. Minutieux. Qui laisse la place à l’observation et la réflexion.

« Le local commence à être de plus en plus populaire, à cause du goût. Les produits sont plus frais et ne restent pas longtemps dans les camions. C’est un mouvement à l’avantage des petits producteurs locaux, mais les gros joueurs ont plus de poids que nous, évidemment à cause de leur pouvoir d’achat et de leur réseau de distribution. »

Pour le jardinier passionné, les producteurs manitobains font face à plusieurs difficultés. « Les fruits et légumes de la Colombie-Britannique et de l’Ontario sont en train d’envahir notre marché. Le marché américain est aussi très présent. Leur coût de production est moins élevé. Ici, chauffer sa serre à -30°C, ça finit par devenir cher. Tandis qu’à Vancouver, il fait, mettons, +5. Quand les gros magasins sont capables de trouver ailleurs à un coût moins élevé, ils n’hésitent pas. »

En plus, certaines conditions climatiques mettent la production de légumes et de fruits en danger. Denis Rémillard donne l’exemple du mildiou : « Le blight est devenu un peu un problème ici au Manitoba. En cas de saison humide et fraîche, les risques sont plus élevés. Il y a une dizaine d’années, les producteurs ont commencé à être affectés. Il a fallu qu’ils importent d’autres tomates qui n’étaient pas touchées. Le problème arrive aussi pour les fleurs. Par exemple, les impatiences en Ontario ont eu des grosses maladies de blight. Ensuite, ils ont produit des nouvelles variétés d’impatiences résistantes à cette maladie. »

Outre la question de développer le marché local, les producteurs manitobains doivent aussi tenir compte de la demande en produits organiques.

« Il y a de plus en plus de producteurs organiques, car il y a une grosse demande de la clientèle qui va vers l’organique, vers moins de produits chimiques. Mais on n’a pas forcément les moyens de devenir plus organiques, parce qu’on n’a pas accès aux produits américains (insecticides, fongicides, herbicides) qui nous permettraient de vraiment le faire. On a besoin de l’autorisation du ministère de l’Agriculture. Actuellement, on utilise des produits qui sont moins efficaces. Alors ça décourage beaucoup les producteurs organiques à continuer. »

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