Sean Carlson a le devoir de montrer qu’il existe des alternatives au plastique : couverts en bambou, pochette en tissu. Dans son travail au Green Action Center, il sensibilise également les parents au transport durable : à pied, en bicyclette ou en autobus. D’où ses interventions dans les écoles. « Nous travaillons avec les parents et le personnel. Les écoles représentent un enjeu central. Les messages que donne un établissement scolaire influencent notre comportement : Qu’est-ce qui est un bon choix en tant que parent? Est-ce que mon enfant est capable d’aller à l’école en sécurité? »

Sean Carlson fait partie de la quinzaine d’employés du Green Action Center à Winnipeg. Son travail depuis un an et demi : sensibiliser le public à la réduction des déchets et au transport durable. Quatre verbes en R sont en jeu : Réduire, Réutiliser, Recycler, mais surtout Refuser.

Par Marie BERCKVENS

Par où commencer pour consommer mieux et devenir des consomm’acteurs? À cette question, Sean Carlson répond sans tergiverser : « Commencer par refuser est la première étape. Regardez dans les maisons ce que vous avez acheté et que vous n’utilisez plus ou que vous n’avez jamais utilisé, qui prend de la place au placard. Il y a tellement de choses que l’on achète pour le prix. On se dit : C’est abordable. C’est en vente. Même si c’est gratuit, par exemple un stylo promotionnel, il faut le refuser. Commencer à refuser change notre mentalité. »

En fait, les objets que l’on achète occupent non seulement de la place physiquement, mais aussi mentalement : « On a toujours ces pensées persistantes: Je dois nettoyer ça. Je dois réparer tel objet. Mon enfant ne joue plus avec ce jouet, je dois le remplacer. L’expression Out of sight, out of mind n’est pas vraie. On passe tellement de temps dans notre tête à essayer de gérer nos affaires. On ne refuse pas juste pour l’environnement. On doit aussi refuser pour notre santé mentale. Parce qu’il y a vraiment une charge mentale associée à chaque objet. »

Ce n’est pas Marie Kondo, essayiste japonaise qui a publié son livre La magie du rangement en 2011, qui dira le contraire, ni probablement ceux qui l’ont lu. Son ouvrage s’est vendu à plus de huit millions d’exemplaires à travers le monde. L’auteure recommande de se débarrasser des choses dont on ne se sert plus. Et plus encore, de repenser notre relation aux objets, pour vivre mieux.

Sean Carlson suggère d’aller même plus loin : « Marie Kondo ne met pas l’accent sur la sortie responsable de nos choses. Si on vide la maison des choses qui ne nous semblent plus nécessaires, c’est essentiel de le faire de façon responsable. Qui a besoin de ces choses? »

À titre d’exemple, le chargé de projets au Green Action Center évoque le travail de l’entreprise sociale Mother Earth Recycling, située au 771 rue Main : « Ils recyclent les matelas. C’est la seule entreprise sociale qui le fait à Winnipeg. Les matelas, c’est le genre de biens qu’on trouve trop souvent dans les allées derrière les maisons. »

Sean Carlson insiste encore sur la nécessité d’opposer un refus à la consommation : « Recycler, ce n’est pas la première solution. On met dans le bac bleu et on se dit que tout est correct. C’est comme ça qu’on se déresponsabilise à bon compte. Le recyclage est seulement une partie de la solution. Les trois autres R sont tous importants : Réduire, Réutiliser, Recycler. Le premier R doit cependant rester : Refuser. »

Refuser pour aussi éduquer et sensibiliser. En effet, faire des choix responsables est aussi une manière d’éduquer les autres à une consommation durable. Sean Carlson n’hésite pas à faire appel à son expérience personnelle : « On est des gens très polis. Même moi au début, quand j’allais à l’épicerie et que l’on avait déjà commencé à mettre mes affaires dans un sac, je ne disais rien. Maintenant, je n’ai plus aucun problème à m’affirmer en disant : Je n’ai pas besoin de ce sac, j’ai mon propre sac.

«Cette façon de s’affirmer, ce n’est pas seulement pour soimême. On envoie un message à la personne. Avec le temps, on espère que le personnel puisse poser la question avant même de remplir le sac. C’est pareil pour les pailles en plastique. Beaucoup de clubs et de bars n’en donnent plus que sur demande. Il faut oser dire non. »

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