Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, discute en rencontre éditoriale au quotidien Le Droit, en compagnie du directeur général de l’AFO, Peter Hominuk, et du président de Quebec Community Groups Network, Geoffrey Chambers. Photo : gracieuseté du journal Le Droit

À la veille du déclenchement des élections fédérales, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Quebec Community Groups Network et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick tiennent à remettre les pendules à l’heure à propos de leur alliance signée plus tôt cet été et qui a fait grincer des dents.

 

Par Daniel LEBLANC (Le Droit)

 

De passage au Droit pour une entrevue éditoriale, les organisations rappellent que leur but commun est de remettre à l’avant-plan leurs propositions pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles, question de faire en sorte que le sujet ne sombre pas dans l’oubli durant la campagne électorale et que le public ait une base assez solide pour poser les questions qui s’imposent aux candidats dans la course.

« Tout le monde est prêt à s’engager, mais on ne veut pas que ça demeure juste un grand titre dans les airs. Ce qu’on veut voir des partis, c’est qu’ils se mouillent et qu’ils disent jusqu’où ils vont aller. Il y a 30 ans, il y avait de bien belles intentions, quand on a voulu travailler sur la loi, mais finalement, ça a été de bien modestes modifications, et ce n’est pas du tout ce qu’on veut. Ça va obliger les candidats à savoir de quoi ils parlent, même si on ne leur demande pas de connaitre la Loi dans les moindres détails », affirme le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

Les trois organismes affirment que les partis politiques connaissent bien leurs attentes et que tous ont inclus la question de la refonte de la législation datant de 1969 dans leur plateforme.

Prétextant que les francophones et les anglophones ont certains objectifs en commun et qu’ils ne sont pas forcés de travailler uniquement en silo, les signataires de l’entente considèrent que les critiques dont ils ont fait l’objet en juillet étaient exagérées. L’union peut faire la force pour la protection de droits communs et d’institutions, disent-ils.

 

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« On nous a prêté toutes sortes d’intentions, il y a des médias qui s’en sont donnés à cœur joie, on l’a vu sur les médias sociaux aussi. On ne s’en allait pas toucher à la loi 101 ou à la loi sur laïcité (au Québec), j’en ai entendu des vertes et des pas mures. Jamais l’AFO ne va aller à l’encontre de la francophonie au Québec, ça n’a pas de sens. Ç’a été difficile de passer notre message, car c’est parti dans toutes les directions. On avait prévu qu’il y aurait certaines interventions, mais jamais que ça prendrait cette ampleur-là. Quand on l’a fait, c’était pour mettre l’emphase sur le besoin de moderniser la Loi. On veut une loi qui a des dents », ajoute M. Jolin, avouant que « le timing n’était pas bon ».

Plus de crédibilité

Le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk, soutient qu’il y avait également un but plus égoïste à cette démarche.

« C’était d’avoir plus de crédibilité auprès des médias francophones au Québec et anglophones en Ontario, d’avoir l’opportunité d’aller parler aux médias de la majorité dans nos trois provinces respectives, avec nos partenaires. Ça peut aussi ouvrir des portes. Ce n’est pas souvent que le Globe & Mail ou le Toronto Star nous parlent », lance-t-il.

L’entente d’une durée d’un an comporte aussi son lot d’avantages pour les anglophones du Québec, soutient le Quebec Community Groups Network (QCGN).

« Il y a des problèmes profonds qui doivent être résolus dans notre communauté. Il y a des différences, par exemple pour les institutions, mais pour l’offre de services dans notre langue, tout n’est pas réglé », explique le président de l’organisme, Geoffrey Chambers.

Sa directrice générale, Sylvia Martin-Laforge, se demande pourquoi il faudrait «niveler par le bas» et soutient qu’il y a un « sérieux questionnement sur les minorités linguistiques » dans les trois provinces concernées.

« On a tendance à identifier que la minorité anglophone au Québec, c’est Westmount, mais c’est bien plus large que ça », note M. Jolin, citant en exemple l’Estrie, le secteur Aylmer à Gatineau et des communautés de la Gaspésie.

Ils rappellent qu’ils appuient unanimement les recommandations de la Fédération des communautés francophones et acadienne pour la réforme de la Loi sur les langues officielles, qui propose entre autres la création d’un tribunal administratif qui aurait le pouvoir d’imposer des ordonnances exécutoires ou des sanctions. La désignation du rôle d’agence centrale au Conseil du Trésor et la redéfinition du rôle du commissaire sont aussi proposées.

« On ne peut pas donner au commissaire le mandat d’enquêter, d’agir un peu comme médiateur avec l’agence ou le ministère, puis d’un autre côté de tenir le marteau si tu ne le fais pas. Il faut qu’il y ait une distinction. Je découvrais encore la semaine dernière, en discutant avec le commissaire, que dans tous les aéroports majeurs du pays, non seulement les compagnies, mais les commerçants doivent être capables d’offrir le service dans les deux langues officielles. J’ai pouffé de rire », s’exclame Carol Jolin.

Des tables rondes avec des candidats de tous les partis sont prévues dans les semaines à venir.

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