David MacNair devant sa plus récente oeuvre en acier à Sage Creek. « C’est tout un processus de créer un trompe-l’oeil. Il faut d’abord couper les éléments en papier, puis en carton, pour faire une maquette. Par rapport à une sculpture classique, c’est vraiment une autre manière de concevoir les volumes. ». Photo : Marta Guerrero

Une murale en acier de 28 pieds de longueur et de 6 pieds de hauteur, qui ne pèse pas moins de 2 000 livres, vient d’être installée dans Sage Creek. Rencontre avec son maître d’oeuvre David MacNair, qui en est à sa quatrième sculpture publique et son premier trompe-l’oeil.

Par Bernard BOCQUEL

Le nom de David MacNair est associé depuis une bonne vingtaine d’années à l’équipe qui sculpte l’entrée monumentale au parc du Festival du Voyageur. Mais le neigiste ne se voue pas seulement à l’art éphémère. Il est l’artiste de prédilection de Qualico Communities quand la compagnie décide de donner une plus-value à ses projets de lotissement.

L’hivernant and the Burning Glass, installé sur un mur de 36 pieds de long rue Burning Glass à côté de Marquis Dance Academy, est sa troisième oeuvre dans Sage Creek, le lotissement au sud-est de Winnipeg qui a dès son origine intégré les ronds-points. Deux d’entre eux ont permis la création Les quatre vents (en 2009) et L’envolée des outardes (en 2012). Dans le quartier RidgeWood West, un rond-point à l’entrée du lotissement sert d’appui aux Bisons galopants (2016).

Le pro de l’éphémère et du permanent est à l’aise avec l’approche des promoteurs. « Je me sens partie de la famille Qualico. Parce que je suis sensible à leur volonté de donner une dimension artistique à certains de leurs projets d’urbanisation. Les sculptures des ronds-points agissent dans le paysage comme des points de repères qui disent à l’automobiliste : Te voilà revenu à la maison.

« La murale L’hivernant and the Burning Glass a une fonction supplémentaire : elle invite à l’intimité, car l’actuel terrain qui la borde va être transformé en espace vert, avec des bancs. Comme ça, les visiteurs pourront entrer en relation avec ce voyageur solitaire qui est en train d’utiliser sa loupe, son burning glass, pour allumer son feu au fond des bois. Il est seul même s’il a deux rames, car en canot on n’est jamais assez prudent.

« Puisque la murale fait face à l’est, on sent bien qu’on est le matin, tard dans la saison, et que notre homme a hâte que le feu prenne. Les jeunes de coeur ne manqueront pas de remarquer qu’il a reçu la visite d’une souris curieuse de ses agissements d’humain. Comme mes autres sculptures, leur but est de renforcer l’ancrage historique et proche de la nature du choix des noms de rues pour Sage Creek. Pour ce projet d’urbanisation, Qualico voulait reconnaître les premiers habitants du pays et leur langue.

« Pour L’hivernant and the Burning Glass, la volonté pédagogique est particulièrement évidente. Il reste encore à concevoir le panneau d’information, qui sera bilingue, pour inviter à la discussion, pour souligner le lien dynamique de la murale à l’ancien temps. Le trompe-l’oeil se veut un solide clin d’oeil en direction du passé.

« L’idée de mettre en scène un hivernant est d’ailleurs venue de Mike Armstrong de Qualico. Mike a présenté à Barry Bonham, l’autre artiste qui a travaillé sur l’oeuvre, et à moi-même, un petit dessin qui représentait un voyageur avec son bout de vitre épaisse pour allumer un feu. C’était le déclic. J’ai coordonné le projet de A à Z. L’idée de superposer des feuilles d’acier de 3/16e de pouce d’épaisseur m’a été inspirée par les livres d’enfants conçus pour habiller des personnages avec des vêtements qu’il faut découper. Le mur en métal du parc provincial Upper Fort Garry a aussi été une inspiration.

« En parlant d’inspiration, je dois dire que Dave Poitras de Falcon Manufacturing a relevé le défi pour une troisième fois avec grand plaisir. Les soudeurs adorent voir émerger quelque chose de différent. À tel point que j’ai envie d’ajouter que cette sculpture, qui a au maximum ¾ de pouce d’épaisseur aux endroits où se superposent quatre feuilles d’acier, a déjà emmagasiné toute une masse d’énergie prête à rayonner. Au public maintenant de la nourrir.

« Un dernier point peut-être : j’ai choisi de l’acier utilisé pour fabriquer des ponts. Les deux teintes qui composent la murale sont voulues. Les parties qui n’ont pas été nettoyées vont rouiller d’une autre teinte, à un autre rythme. L’hivernant and the Burning Glass aura sa patine d’ici environ deux ans. »

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