Par Sophie GAULIN

Le 5 novembre marquera le dixième anniversaire de ma direction à La Liberté. La gratitude que je ressens envers notre communauté de lecteurs et lectrices et nos annonceurs est littéralement immense. Comme celle que j’éprouve aussi pour mes collègues, mon conseil d’administration et nos partenaires de toujours. Ce sentiment, loin de diminuer avec les années, n’a fait que se renforcer.

La semaine dernière, l’article sur Hormisdas Béliveau (décédé en 1938) écrit par Bernard Bocquel, rédacteur associé de La Liberté, m’a permis de réaliser une nouvelle fois combien l’engagement et la passion de professionnels comme Gilles Lesage, directeur général de la Société historique de Saint-Boniface (SHSB) ont été des facteurs déterminants à la réalisation d’un projet fou que nous avons initié quelques semaines à peine après mon entrée en poste : celui de faire numériser et indexer de façon professionnelle toutes les archives de La Liberté depuis 1913. On l’a appelé le projet Peel en raison de notre partenaire de l’Université de l’Alberta : Les Prairies selon Peel.

Ce département de l’institution postsecondaire se définit ainsi sur son site : Les Prairies selon Peel est une ressource visant à faciliter l’exploration de l’histoire et de la culture des Prairies canadiennes par les chercheurs et les étudiants, peu importe leur formation ou leur domaine d’expertise.

Les archives de La Liberté sur Peel sont disponibles depuis 2013. Et la réalité a bien des fois dépassé nos rêves les plus fous. Des chercheurs basés en Europe nous contactent pour nous dire à quel point cette ressource intarissable est essentielle pour la compréhension de notre francophonie et pour leurs travaux de recherche. Nous recevons des messages de passionnés comme Evelyne Lachapelle qui nous a écrit une lettre cette semaine (voir page 4), ou encore des lecteurs et lectrices qui nous appellent pour nous partager ce qu’ils ont trouvé sur l’un ou l’autre de leurs ancêtres en inscrivant tout simplement leur nom de famille dans le moteur de recherche Peel.

Le journal, comme toute archive, est une ressource dont on ne pourrait se passer quand on a à coeur la volonté de tisser du lien social.

Par exemple, cette semaine, l’article-hommage à Raymond Bisson (pages 6 et 7) est aussi rendu possible grâce à l’entrevue de Michel Boucher avec ce pilier tisseur de liens de la francophonie manitobaine, qui fait partie d’un projet d’histoire orale des plus précieux, intitulé Histoire orale de l’éducation, dû aussi au leadership discret, mais ô combien puissant, du directeur de la SHSB.

Pour ceux qui peuvent se demander ce qui m’anime encore après 10 ans à la direction et la rédaction en chef de La Liberté, je répondrais tout simplement que c’est la chance de côtoyer des gens exceptionnels, des artistes talentueux, des personnes d’affaires ingénieuses, des experts généreux. De mettre sur pied des projets lucratifs, essentiels en ces temps bouleversants pour la presse, qui nous permettent d’assurer un contenu qui informe, qui fait réfléchir, qui stimule notre profonde volonté de créer des liens entre humains désireux de garder les yeux grands ouverts sur l’avenir. De rêver puis de réaliser des projets comme le Peel ou encore Nelson au Manitoba. De travailler avec des collègues et un CA passionnés. De continuer à recevoir vos lettres et de publier un journal pour lequel mes tripes sont là plus que jamais.

Vous êtes le secret de mon métier. Vous êtes depuis dix ans ma source d’énergie.

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