Par Michel LAGACÉ

Un rapport publié la semaine dernière par la ministre responsable des Affaires francophones, Rochelle Squires, fait le point sur les services en français au Manitoba en 2018-2019. Le rapport décrit la mise en oeuvre des plans de 34 entités publiques, y inclus les ministères et les sociétés d’État.

Dans l’ensemble, le rapport de la ministre indique que des progrès ont été réalisés durant l’année 2018-2019. Il reste cependant beaucoup de travail à faire, comme elle le reconnaît dans son message de présentation du rapport. Certaines entités tardent à sensibiliser leurs employés à la prestation de services en français, et des mesures aussi élémentaires que l’accueil de la clientèle avec un Hello-Bonjour ne sont pas encore universellement pratiquées. Trente ans après l’adoption de la Politique sur les services en langue française, des constatations de ce genre sont décevantes.

La collaboration et la consultation avec la communauté francophone font partie de la stratégie de la Province. Cependant, le rapport passe sous silence les faiblesses de la performance du gouvernement à ce chapitre, y inclus la décision du ministre de l’éducation d’abolir le poste de sous-ministre adjoint du Bureau de l’éducation française et la décision, également prise sans consultation, de réduire le nombre de traducteurs. Un diagnostic franc de ces décisions pourrait aider à prévenir d’autres surprises.

Pour créer une base de référence, le rapport utilise le pourcentage d’entités qui ont achevé ou pas encore achevé les mesures prévues dans leur plan. Une méthode discutable. Prenons comme exemple la formation du personnel sur l’offre active. L’indice de progrès devrait être le pourcentage d’employés qui ont reçu cette formation plutôt que le pourcentage d’entités qui l’ont offerte. Le calcul utilisé dans le rapport prête à confusion parce qu’il s’appuie sur les entités, alors qu’il faudrait tenir compte des personnes, qui sont la clef de la réussite de la politique. Ce calcul donne le même poids à toutes les entités, alors que le nombre d’employés varie beaucoup d’une entité à l’autre.

Somme toute, avec un indice adéquat, le gouvernement provincial se donnerait une base de référence apte à permettre au grand public d’évaluer les progrès et les reculs dans la mise en oeuvre des plans sur les services en français. Il a déjà le mérite de révéler les faiblesses et les points forts de ses efforts.

La coordination de toutes les initiatives proposées par le gouvernement est un défi de taille et la ministre, Rochelle Squires, n’a pas le pouvoir de s’ingérer dans les entités publiques. Pour réussir, il lui faudra l’appui et la volonté politiques de la part de tous les ministres, à commencer par le premier d’entre eux, Brian Pallister.

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