Par Michel LAGACÉ

Le Premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, publiait le semaine dernière les lettres de mandat qu’il a adressées à ses 14 ministres. Ces lettres identifient les priorités de chaque ministre et devraient, en principe, donner une idée globale de la direction que le gouvernement veut se donner durant son deuxième mandat.

Cependant, M. Pallister a semé la confusion en exprimant par la suite ses opinions personnelles. Dans sa lettre de mandat au ministre des Finances, Scott Fielding, il lui demande de maintenir la taxe de vente à 7 %. Pourtant, le lendemain, dans une conférence de presse il a annoncé que la taxe sera réduite à 6 % à partir du 1er juillet pour compenser une taxe de carbone de 25 $ la tonne. Pourtant, la plupart des économistes croient qu’il serait plus équitable de réduire les impôts sur le revenu plutôt que la taxe de vente. Le Premier ministre n’a pas expliqué son choix.

Au demeurant c’était là son troisième plan pour réduire les gaz à effet de serre. Ayant proposé et retiré l’idée d’imposer une taxe sur le carbone de 25 $ la tonne, il a changé d’idée encore une fois pour imposer une taxe de 25 $ au 1er juillet. Jamais le Premier ministre n’a révélé son raisonnement ou les études scientifiques qui justifieraient chacun de ses plans, ni comment ils allaient réduire les gaz à effet de serre.

Dans sa lettre de mandat à la ministre des Familles, Brian Pallister demande à Heather Stefanson de transformer le Programme d’aide à l’emploi et au revenu, une allocation qu’il estime encourager « la dépendance sur le gouvernement », à un programme qui permettrait à court terme d’obtenir un « emploi significatif ». Dans le même ordre d’idée, M. Pallister se soulève devant la presse contre un programme universel de petits déjeuners pour les élèves manitobains. À son avis, s’il y a des enfants qui ont faim en arrivant à l’école, c’est parce que les parents n’assument pas leurs responsabilités et qu’un tel programme affaiblirait le lien entre l’enfant et ses parents.

Qu’est-ce que le Premier ministre dirait à la mère célibataire qui gagne le salaire minimum et qui ne peut pas se permettre des services de garde pour ses enfants pendant ses heures de travail? Et qu’est-ce qu’il propose pour réduire le taux de pauvreté infantile qui est un des plus élevés au Canada?

Les improvisations de M. Pallister soulignent le fait que les Manitobains n’ont pas accès à des analyses indépendantes comme il en existe au gouvernement fédéral avec le Bureau du directeur parlementaire du budget. Les Manitobains ont besoin d’une source indépendante d’information et d’analyse pour être en mesure d’alimenter leurs discussions avec leurs représentants élus. Ce genre d’analyse indépendante diminuerait l’impact démesuré de l’opinion personnelle de M. Pallister.

Car l’intérêt public exige des politiques basées sur des faits et des analyses plutôt que sur les préjugés idéologiques du Premier ministre.

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