Par Sophie GAULIN

Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau vient de démontrer que la volonté politique est la meilleure amie de la cohérence. Le Cabinet vient de prendre l’une des meilleures décisions des 40 dernières années en matière de droits linguistiques en décidant d’ajouter les questions visant à dénombrer tous les enfants d’ayants droit dans le questionnaire court du Recensement 2021 de Statistique Canada.

À la suite de la décision de la Cour suprême du Canada le 12 juin dernier dans l’affaire Conseil scolaire francophone de la Colombie- Britannique c. Colombie-Britannique qui venait de statuer que les enfants qui étudient en français ou en anglais doivent recevoir la même qualité d’instruction, le Premier ministre Trudeau déclarait que ce jugement était « une bonne nouvelle pour ces communautés-là et pour notre pays ».

Le Premier ministre annonçait également qu’« en tant que gouvernement fédéral, on est toujours ouvert à être là pour aider ».

Après avoir salué la décision du très honorable juge en chef Richard Wagner et de ses huit collègues, le Premier ministre donne maintenant les moyens aux communautés de connaître le véritable bassin des ayants droit.

De ce fait, il vient de se positionner au service du peuple canadien en choisissant de faire ressortir l’humanité derrière la science des statistiques. Justin Trudeau ne pourrait décidément pas mieux conjuguer volonté politique et cohérence.

Étant donné que le questionnaire court est distribué à 100 % des Canadiens et Canadiennes, et que les questions ajoutées sont compatibles avec la définition d’ayants droit inscrite à l’Article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, on peut enfin s’attendre à ce que la dynamique canadienne se déploie pleinement.

Ce qui veut dire aussi récolter les fruits de l’immigration francophone dans les communautés hors Québec des dernières décennies.

Cette dynamique canadienne renforcée sera forcément assortie d’engagements financiers conséquents.

Puisque plus de personnes pourront se prévaloir du droit à l’éducation dans la langue officielle de leur choix dans une région géographique précise, il s’ensuit qu’il faudra investir plus d’argent.

Car ce sont les nombres qui déterminent les sommes que le gouvernement fédéral transfère aux provinces et aux communautés, et elles se chiffrent en milliards de dollars.

Pas étonnant donc que les communautés de langue officielle au pays aient applaudi la décision du Cabinet. Elles ont gagné en dignité. Elles n’ont pas eu besoin de recourir aux tribunaux pour faire valoir un droit inscrit dans la Constitution. Elles peuvent se sentir respectées.

Et elles ne sont pas les seules. La cohérence démontrée à l’égard de l’éducation en français partout au pays se manifeste dans d’autres préoccupations de nature sociétale.

En effet, d’autres questions primordiales et inclusives ont aussi été ajoutées.

Ces changements au questionnaire du Recensement démontrent que le gouvernement Trudeau veut regarder le Canada en face, qu’il veut comprendre qui sont les Canadiens et Canadiennes qui se cachent derrière les statistiques. Et ainsi permettre une légitime évolution de la société.

En particulier, la question sur l’appartenance à une organisation ou à un établissement métis afin de la distinguer de l’ascendance historique métisse ou mixte permettra de faire valoir les liens et les affinités que les citoyens et citoyennes entretiennent avec ce peuple métis.

Dans le même esprit, les répondants pourront aussi distinguer le genre auquel ils s’identifient par rapport à leur sexe à la naissance. Une véritable avancée pour les personnes transgenres et non binaires.

En juillet 2020, le Canada a gagné en dignité.

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