: Chloé et Camille sont de ferventes adeptes de poésie. Photo : gracieuseté Sandra St-Laurent

Camille et Chloé Cashaback St-Laurent ont participé à un concours de haïkus international, basé en Roumanie. L’une a remporté un prix spécial et l’autre une mention spéciale.

 

Par Maryne DUMAINE – L’Aurore boréale

 

Lorsqu’on pense aux concours de poésie, c’est rarement la catégorie des haïkus qui vient à l’esprit en premier lieu. Et pourtant! C’est grâce à cette discipline que deux jeunes Franco-Yukonaises ont fait briller la francophonie yukonaise jusqu’à Constanta, en Roumanie.

Un art appris en famille

L’art d’écrire des haïkus est originaire du Japon. Minimaliste, cette forme d’écriture a cependant des règles strictes. Il s’agit d’un court poème visant à célébrer l’évanescence des choses, explique le site Wikipédia.

Les jeunes haïjin (personnes qui écrivent des haïkus) yukonaises étaient déjà familiarisées avec les formes à respecter. « C’était la première fois qu’on participait à un concours, mais on connaissait les haïkus, car notre maman en fait aussi », explique Camille, 10 ans, lauréate du prix spécial.

Leur maman, c’est Sandra St-Laurent, haïjin elle aussi et récemment publiée dans un recueil canadien. « Je fais partie de différentes associations de haïkus, explique-t-elle. C’est comme cela que j’ai appris qu’il y avait ce concours pour les enfants. »

Membre du groupe Haïku Yukon (relié à Haïku Canada) et de l’Association francophone des haïkus (association internationale), elle a été interpelée par le pays organisateur. « Nous ne connaissions pas la Roumanie, alors nous avons fait des recherches et mis toutes nos idées sur un grand tableau », expliquent les trois poétesses.

Le thème de cette seconde édition du concours était « Phare ». Au Yukon, ce n’est pas un bâtiment très commun. « On a regardé sur une carte du monde, puis on a cherché les noms des villes, les noms des phares… », expliquent les deux jeunes filles qui mentionnent que l’expérience leur a aussi donné en vie de voyager et de découvrir la Roumanie, ses habitants ainsi que leur langue. « Il y a plein d’accents, c’est vraiment drôle! »

Lire l’article dans son intégralité sur le site du journal L’Aurore boréale

Les règles de la discipline

Camille et Chloé se font un plaisir d’expliquer les règles de cette forme poétique très codifiée.

« La première ligne doit faire cinq syllabes [ou cinq pieds] et doit parler des saisons, du temps ou d’une situation… ; la deuxième phrase doit avoir sept syllabes et inclure une observation de la nature (ou de l’environnement) ; et, si on utilise la forme traditionnelle, la troisième ligne doit inclure une surprise, quelque chose à quoi on ne s’attend pas. Comme si un évènement n’était pas mentionné entre la deuxième et la troisième ligne. »

Pleines d’enthousiasme, les jeunes filles semblent avoir eu la piqure de la poésie depuis leur plus jeune âge. « J’avais écrit un petit livre avec des poèmes », explique Camille.

Chloé, 8 ans, lauréate d’une mention spéciale, a quant à elle illustré ses haïkus dans des petits livrets qu’elle a fabriqués elle-même. « J’aimerais beaucoup écrire plus et être publiée encore. »

On se rappellera que la jeune Chloé avait déjà gagné le concours d’écriture lancé par l’Aurore boréale au printemps dernier et avait donc déjà vu une de ses œuvres être publiée. « C’est sûr, comme on était plus à la maison et qu’on faisait moins de déplacements, on a eu plus de temps pour écrire et plus d’inspiration », ajoute Camille.

« C’est important de souligner les accomplissements des enfants, estime leur mère. Je suis très fière, et j’essaie de leur apprendre à être fières de leur travail. »

« On a beaucoup aimé participer, et je voudrais beaucoup encourager tous les autres jeunes à participer à des concours. Même quand on ne gagne pas, on est quand même super fière d’avoir participé. Et c’est super de faire connaitre le Yukon. Les gens du concours ne savaient pas qu’il y avait des francophones ici », ajoute Camille.

Les deux jeunes filles ont déjà reçu des lettres du comité organisateur du concours, ainsi que la traduction de leurs textes en roumain et devraient recevoir leur prix bientôt.

Si la discipline vous interpelle, plusieurs concours existent. Le célèbre concours de haïku de Mainichi (Japon) comporte une section enfant, adulte et internationale. Il est possible de soumettre des haïkus en français et en anglais (jusqu’au 30 septembre 2020) : www.mainichi.co.jp/event/aw/haiku/french.html.

De plus, chaque année, il existe le concours Un haïku pour le climat qui comporte une section adulte et une autre pour les enfants. L’édition 2021 devrait se tenir au mois de mars prochain.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici