Par Jonathan SEMAH

 

Le sport est un reflet important de notre société et de ses enjeux. Souvent les débats sportifs dépassent le simple cadre des terrains. L’exemple récent le plus marquant a eu lieu lors de la finale de l’Euro 2020 de soccer, décalé aux mois de juin et juillet 2021 pour cause de pandémie. Trois joueurs de l’équipe anglaise ont connu un déferlement de haine sur les réseaux sociaux. Jadon Sancho, Bukayo Saka et Marcus Rashford, défaillants lors de la séance de tirs au but contre l’Italie, ont été victimes d’injures racistes. Ému par cette situation, l’attaquant de Manchester United, Marcus Rashford, s’est fendu d’un long message sur son compte Twitter. En voici un extrait :

« On peut critiquer ma performance toute la journée, mon tir n’était pas assez bon, il aurait dû rentrer, mais je ne m’excuserai jamais d’être celui que je suis. Je suis Marcus Rashford, un homme noir de 23 ans, originaire de Withington et de Wythenshawe, dans le sud de Manchester. Si je n’ai rien d’autre, j’ai ça. »

On pourrait voir cette affaire comme une affaire ponctuelle. Mais ce serait nier le contexte qui entoure l’équipe britannique depuis plus d’un an. À chaque match, les Three Lions posent un genou à terre pour dénoncer le racisme. Attitude très commentée et parfois critiquée en Angleterre.

Ce genou à terre vous rappelle sûrement le geste du quart-arrière américain, Colin Kaepernick. En 2016, pendant l’hymne national américain, il s’était agenouillé afin de protester contre le racisme aux États-Unis et les violences policières envers les minorités.

Le militantisme des sportifs de haut niveau est donc un vrai sujet. Les plus grands athlètes de ce monde doivent-ils utiliser leur notoriété pour sensibiliser à une cause? Pourquoi pas? Ces sportifs sont des citoyens comme les autres et ne doivent pas laisser leurs convictions dans les vestiaires, surtout quand elles contribuent à faire avancer la société vers un monde plus juste. Au risque évidemment d’y perdre une partie de leur public. Quand on sait que le joueur de soccer Cristiano Ronaldo est la personnalité la plus suivie au monde sur Instagram avec 315 millions d’abonnés, on peut facilement imaginer l’influence incroyable qu’ont ce genre de sportifs.

Alors évidemment, ici, on parle des plus hautes sphères du sport mondial. Mais même à un niveau plus proche, le sport peut avoir un impact sur la société. C’est d’ailleurs le cas avec Dan Hall, en Une de notre journal. Cet enseignant manitobain a couru plus de 30 heures en hommage aux enfants autochtones morts dans les pensionnats.

À l’aube des Jeux de Tokyo, ces sujets seront sûrement toujours d’actualité. Les joueuses anglaises de soccer ont notamment déjà annoncé qu’elles poseront un genou à terre, en signe de soutien à la lutte antiraciste.

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