Par Jonathan SEMAH

 

Souvent stigmatisés et sous-estimés, les troubles de la santé mentale sont sûrement l’un des maux les plus profonds du 21e siècle. L’Organisation mondiale de la santé affirme que « la santé mentale est une composante intégrale et essentielle de la santé. » Compliquée à appréhender, comprendre et diagnostiquer, la santé mentale a trop de fois été reléguée au second plan.

Stress, anxiété ou déprime sont des symptômes qu’on cherche généralement à cacher. Mais la COVID-19, notamment, nous a rappelé à quel point notre santé mentale est essentielle. Selon une enquête élaborée par Statistique Canada (1) en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada afin de mieux comprendre la santé mentale des adultes canadiens dans le contexte de la pandémie, un Canadien sur cinq a eu un dépistage positif pour des symptômes de dépression, d’anxiété ou de stress au cours des derniers mois.

L’isolement, la distanciation, la précarité, la peur d’attraper la maladie sont autant de raisons qui peuvent accroître les troubles de la santé mentale.

En revanche, chose plus rassurante, parler de santé mentale est de moins en moins tabou. Les discussions s’ouvrent de plus en plus et la libération de la parole sur un sujet aussi complexe aide à aller de l’avant. Cette cause trouve d’ailleurs aujourd’hui des porte-voix internationaux. Récemment, la gymnaste américaine, Simone Biles, et quelques mois plus tôt, la joueuse de tennis japonaise, Naomi Osaka, ont publiquement alerté sur le sujet. Évoquant devoir « traiter avec des démons dans [sa] tête » et vouloir se concentrer sur sa santé mentale, Simone Biles a déclaré forfait lors du concours général de gymnastique.

Des athlètes, qu’on pourrait croire sans faille, ont démontré qu’elles étaient en proie aux mêmes difficultés que n’importe qui. Cette récente affaire prouve bien que contre les troubles de la santé mentale personne n’est immunisé.

Alors, après les vagues de COVID-19, et dans un contexte pré-électoral, il sera essentiel de voir comment les différents partis politiques aborderont cette question de santé publique cruciale, entre autres, à la vitalité économique canadienne.

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(1) Enquête Statistique Canada : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/210318/dq210318a-fra.htm