Shelly Glover. (Photo : Marta Guerrero)

Le juge James Edmond a entendu, le 10 décembre, l’affaire de Shelly Glover contre le Parti progressiste-conservateur. Le juge a indiqué qu’il pourrait rendre une décision à ce sujet dès le vendredi 17 décembre.

Par Ophélie DOIREAU

Le 30 octobre dernier, Heather Stefanson remportait la course à la chefferie du Parti progressiste-conservateur avec 8 405 voix, devenant ainsi la première ministre désignée du Manitoba, et Shelly Glover perdait avec 8 042 voix soit un écart de 363 voix.

L’avocat de Shelly Glover, Dave Hill, a tenté de prouver pendant un peu plus d’une heure qu’il y avait eu des irrégularités dans la tenue de cette élection et que le Parti progressiste-conservateur devait prouver que ces irrégularités n’ont pas impacté le résultat de l’élection.

La « plus importante irrégularité » d’après Me Hill est au sujet d’une feuille de calcul avec le nombre de personnes ayant voté. Le nombre inscrit était moins que le nombre final de votes dépouillés.

Christopher Adams, professeur associé en sciences politiques à l’Université du Manitoba, commente cette affaire. « Au Manitoba, c’est certainement la première fois qu’un juge décide d’examiner la course à la chefferie d’un parti. Au Canada, il y a déjà eu deux, trois cas. Mais ce n’est pas quelque chose de courant.

« L’avocat de Shelly Glover, Dave Hill, a déjà travaillé sur un ou deux dossiers qui ont donné beaucoup de travail en Cour. Ce que je sais sur cette affaire, c’est qu’un parti politique est comme un club privé avec ses propres règles en interne. Si quelque chose arrivait, les membres devraient trancher la question et pas la Cour. C’est donc déjà un précédent en soi que le juge décide d’écouter l’affaire. »

Le juge James Edmond devra donc prendre une décision qui pourrait avoir des conséquences dans les prochaines courses à la chefferie des partis. « La lieutenante-gouverneure a assermenté Heather Stefanson comme première ministre du Manitoba. Elle est légitime aux yeux des membres de l’Assemblée législative qui l’ont soutenue et elle a été assermentée par la Couronne.

« Même si le juge décidait de tenir une nouvelle course à la chefferie, ça ne voudrait pas dire que la première ministre devrait démissionner. Aussi longtemps que Heather Stefanson aura le soutien de son caucus, elle sera la première ministre.

« Ce serait une situation difficile pour le parti si le juge décidait que l’élection n’était pas légitime, ce serait au parti de décider comment répondre à cette décision. »

Une situation difficile qui pourrait diviser encore davantage le Parti progressiste-conservateur comme le pense Christopher Adams. « Les médias continuent de discuter de cette élection, un mois après sa tenue. Cet enjeu n’est pas près de disparaître.

« Le fait que cette affaire soit en Cour pose une question sur la capacité du parti de fonctionner correctement en interne. »

« Cette affaire continue de diviser le parti qui est déjà affaibli par l’héritage de Brian Pallister. Cette course à la chefferie devait être le moyen de rassembler les membres auprès d’une nouvelle cheffe de parti. Mais ce n’est pas ce qui est en train de se produire. »

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