Sébastien Gaillard, directeur général de la Maison Gabrielle-roy. (photo : Marta Guerrero)

Lancée en septembre 2021, la saison 2 de Just(e) Slam! (1) a connu une fin d’année très occupée. Les ateliers, les participants, les invités et les découvertes se sont enchaînés très rapidement et le public a été au rendez-vous pour découvrir cet art poétique. Sébastien Gaillard, directeur général de la Maison Gabrielle-roy, anime ces soirées. Il fait le bilan de cette saison pour La Liberté et prépare les nouveautés de janvier.

Par Jonathan Semah

Créé par trois organismes de la francophonie : la Maison Gabrielle-roy, le Centre culturel franco-manitobain (CCFM) et l’alliance Française du Manitoba, Just(e) Slam!, sont des soirées mensuelles dans lesquelles les participants récitent leur poésie dans la forme qu’ils désirent.

Sébastien Gaillard explique : « Il n’y a aucun style de poésie privilégié. Je peux parler, chanter, rapper ce que j’ai écrit et le tout sans instrument pendant trois minutes. Ce qui compte ce sont les émotions. La façon de déclamer les choses est essentielle.

Le slam est un spectacle vivant qui donne de la vitalité à la communauté et les slameurs honorent le public. Ça se voit à l’effervescence qui a été créée jusque-là. La soirée slam est un échange de générosité, de sensibilité, d’humilité et de respect. »

Art en plein développement et encore en recherche de repères au Manitoba, ces soirées Just(e) Slam! sont ouvertes à toutes et à tous. Mais est-ce qu’un profil de personne se dégage plus que les autres pour les instants?

« Il y a des soirées Slam avec des slameurs plus chevronnés, habitués à ces compétitions, qui sont mélangés avec des slameurs qui peuvent se présenter pour la première fois. Et les gagnants sont la poésie et le public. Le poète qui arrive avec un ego surdimensionné va vite comprendre qu’il ne va pas toucher le public.

« L’exemple le plus récent que je connais a eu lieu il y a quelques semaines au Québec. Une grosse compétition s’y déroulait et c’est une femme de 67 ans qui a gagné. Tout ça pour dire : surtout il n’y a pas de profil. Ça peut être un jeune de 12 ou 13 ans comme une dame plus âgée », lance Sébastien Gaillard.

| Une ligue de slam franco-manitobaine en 2022?

Tout le monde serait donc capable de faire du slam, ce qui explique peut-être le succès qu’est en train de connaître cet art à Winnipeg. Pour la dernière session de novembre, l’invitée d’honneur était LEM, lauréate notamment du Slam Québec/ France national en 2020. Pour cet évènement majeur, 35 personnes étaient réunies en présentiel et en distanciel.

« Pour la session de janvier qui aura lieu le 26, on recevra Ivy, fondateur de la ligue de Slam du Québec. Ivy est une référence francophone mondiale du slam. On a hâte de l’accueillir et ça sera une nouvelle fois dans la galerie du CCFM. »

Comme les autres soirées, Sébastien Gaillard animera aussi deux jours avant, le 24 janvier, des ateliers qui font office d’entraînement avant le Just(e) Slam! « Je donne des ateliers d’écriture, on fait des jeux d’expression, on fait des concours. C’est très nerveux, ça dure deux heures, mais on ne voit pas le temps passer. »

Financé en majorité par la Province du Québec, le Consulat de France à Toronto et les organismes partenaires, Just(e) Slam! est donc en pleine expansion. Cet engouement inattendu donne des idées à Sébastien Gaillard pour l’avenir.

« On m’a motivé à créer une ligue de slam francomanitobaine. J’ai d’ailleurs commencé et ça avance. Ivy viendra justement pour voir où on en est dans cette construction. Je ne veux pas spécialement en faire partie. Je préfère entraîner et aider les gens puis mettre mes collègues, jeunes ou anciens, en scène. Il y a beaucoup de gens intéressés, j’espère que cette ligue verra le jour en 2022. »

(1) Plus d’information à propos de Just(e) Slam! : https://ccfm.mb.ca/juste-slam/

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