Par: Michel LAGACÉ

Depuis deux ans, les élus provinciaux et fédéraux du Canada ont invoqué la science à l’unisson pour imposer des mesures sanitaires. Forts des recommandations des experts scientifiques, ils ont exhorté les Canadiens à se distancer les uns des autres pour se protéger contre le corona virus qui cause la COVID-19 et, plus tard, à porter le masque. Depuis que des vaccins sont devenus disponibles, de concert avec les autorités sanitaires, ils encouragent toutes les personnes éligibles à se faire vacciner.

Aujourd’hui, l’Agence de la santé publique du Canada considère que plus de 80 % de la population est pleinement vaccinée en ayant reçu deux doses de vaccin. Mais il a suffi qu’une minorité toujours plus vocale s’objecte aux directives sanitaires pour mettre fin à la collaboration entre la classe politique et la communauté scientifique. Proclamant leur droit de refuser un vaccin qui pourrait pour tant sauver des vies et réduire la sévérité de la contamination, des opposants ont fini par bloquer des passages frontaliers et occuper le centre de quelques villes.

Il n’en fallait pas plus pour faire plier le gouvernement du Manitoba. Ciblant un objectif on ne peut plus politique, la Première ministre du Manitoba, Heather Stefanson, a déclaré le 11 février: « Nous devons mettre fin à la division entre les familles, entre les communautés. « Elle dévoilait brusquement des délais stricts et quasi immédiats pour supprimer pratiquement toutes les ordonnances de santé reliées à la COVID-19.

Quelques jours plus tard, le 24 février, la ministre de la Santé, Audrey Gordon, allait dans le même sens. Elle déclarait que la levée des mandats de vaccination aiderait à ramener une certaine « normalité »et aidera à « combler certaines divisions qui ont été créées tout au long de cette pandémie ». Le gouvernement se plie ainsi devant une minorité qui s’imagine à tort que ses droits énoncés dans la Charte canadienne des droits et des libertés ont été bafoués.

Cependant, il est loin d’être certain que le public accepte l’attitude opportuniste du gouvernement provincial. Ainsi, au début de février, un sondage Léger auprès de 1 546 Canadiens indiquait que 45 %des répondants ne voulaient pas que les gouvernements agissent trop rapidement, et 14 % ne voulaient pas que les restrictions soient levées pour le moment.

Quand l’Orchestre symphonique de Winnipeg a sondé son public à la mi-février, 86% des 758 répondants étaient favorables à ce que les spectateurs soient tenus d’être vaccinés et 81 % voulaient que le port du masque demeure obligatoire. Ces exigences seront donc maintenues jusqu’à la fin mars. Le Royal Manitoba Théâtre Centre adopte la même politique jusqu’au 16 avril et d’autres organismes étudient la question.

Devant le divorce entre le politique et le scientifique, il ne reste plus qu’à espérer que le sens civique dont la grande majorité des Manitobains a fait preuve continue de résister aux sirènes de l’opportunisme du gouvernement provincial.

 

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