Ibrahima Diallo, consul honoraire du Sénégal à Winnipeg. (photo : Marta Guerrero)

Un tout nouveau CA a été élu à la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) à la mi-juin. Parmi les nouveaux administrateurs, deux Manitobains : Justin Johnson (1) et Ibrahima Diallo. Ce dernier est bien connu pour son militantisme pour la francophonie manitobaine et canadienne.

Par Ophélie DOIREAU

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – La Liberté

18 personnes ont présenté leurs candidatures pour les élections de six nouveaux administrateurs au CA de la FCFA. Ibrahima Diallo est l’une des personnes élues. (2) « On m’a demandé si j’étais intéressé à soumettre ma candidature. Il fallait que ma candidature soit parrainée par un organisme de la francophonie. C’est la Société de la francophonie manitobaine qui m’a appuyé. »

C’est par conviction pour la francophonie canadienne et pour la dualité linguistique qu’Ibrahima Diallo a décidé de rejoindre le CA. « Il y a d’abord tout le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles. C’est un sujet d’actualité. Il faut absolument que la FCFA s’assure que partout où il y a des brèches dans cette loi, les brèches soient comblées.

« C’est une loi qui est belle dans sa forme. Mais son application n’a pas pu donner les résultats escomptés. Il y a plusieurs raisons à cette situation. Quand on parle d’épanouissement des communautés, qu’est-ce que c’est l’épanouissement? Il faut dix ans pour comprendre ce mot. Ces notions trop générales ne nous permettent pas d’avancer avec du concret. »

Au mois de mars 2022, la ministre Ginette Petitpas Taylor a déposé le projet de loi C-13. Ibrahima Diallo voit son élection comme un alignement des étoiles. « On parle de modernisation depuis longtemps sauf que pendant ce temps-là les méfaits de l’assimilation et le non-respect des droits des francophones font des ravages dans la francophonie canadienne. La preuve avec des entreprises privées de compétence fédérale qui nomment des dirigeants anglophones, sans prendre en compte la Loi.

« La Loi sur les langues officielles est la seule loi qu’on peut violer sans trop de conséquences sauf que la dualité linguistique est essentielle à notre pays.

| Plusieurs dossiers en tête

« Ce sont des gestes qui ont des conséquences énormes sur la façon dont on pense les deux langues officielles. Il faut que le sommet de la hiérarchie puisse donner le ton, même si on sait que ces chefs-là ne peuvent pas être bilingues du jour au lendemain. Il faut s’assurer dès maintenant que tous les Canadiens aient accès au français. »

C’est dans cette logique qu’Ibrahima Diallo veut porter plusieurs dossiers avec la FCFA. D’ailleurs les sujets se bousculent déjà dans la tête d’Ibrahima Diallo. « La justice en français, la santé, l’éducation. Finalement beaucoup de choses vont dépendre du projet de loi C-13. »

Ibrahima Diallo s’arrête sur quelques sujets qu’il connaît. « L’accès au français se pense de la petite enfance jusqu’au post-secondaire. Il est inimaginable de voir des personnes qui finissent leurs études universitaires sans connaître la deuxième langue de leur pays.

« Pour parler français, il faut des interlocuteurs. Il y a un travail à faire sur le volet immigration. On le sait qu’on a beaucoup de retard dans le nombre d’immigrants franco- phones. »

Si l’immigration est un enjeu national, pour Ibrahima Diallo immigration et intégration vont de pair. « Il faut s’assurer qu’on a les services nécessaires pour les immigrants. Si les parents sont bien intégrés dans notre société, leurs enfants pourront s’épanouir pleinement et contribuer eux aussi à la société en français.

« Il va falloir regarder tous les volets de l’immigration, pas simplement faire venir des gens. Sur la question des ordres professionnels, on va dire aux gens : Tu as tel diplôme, super le Canada recherche des gens. Et ensuite on laisse les immigrants à la merci des ordres professionnels et cette situation créée des désastres sociaux.

« Sauf qu’on a vu pendant la pandémie que lorsqu’on veut vraiment, on peut. Maintenant en Ontario, avec un diplôme de soins infirmiers, ils peuvent intégrer le marché du travail. »

Fort de son expérience et de son enthousiasme, Ibrahima Diallo est aussi conscient de faire partie d’une équipe. « On est plusieurs au CA et on va venir avec des enjeux et des dossiers différents. Ça va être intéressant d’avoir le point de vue de tout le monde sur des questions. »

(1) Retrouvez la semaine prochaine notre entrevue avec Justin Johnson.

(2) Les cinq autres personnes élues sont : Martine Béland de la Nouvelle-Écosse, Nour Enayeh de la Colombie-Britannique, Justin Johnson du Manitoba, Marie- Pierre Lavoie de la Colombie-Britannique et Marguerite Tölgyesi du Yukon.

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