Anna Nevoit. (photo : Raphaël Boutroy)

La crise sanitaire a changé le déroulement de certains évènements, mais n’a pas su arrêter le Concours national d’art oratoire de Canadian Parents for French. Anna Nevoit, qui a remporté la deuxième place lors du concours, raconte son expérience et ses projets.

Par Raphaël BOUTROY

Le Concours d’art oratoire de Canadian Parents for French existe depuis 1975. Ayant commencé dans la région d’Ottawa et de Gatineau, ce concours se poursuit aujourd’hui, en dépit des restrictions sanitaires.

Le concours braque le projecteur sur le français dans des milieux minoritaires. « C’est un concours national où des jeunes d’expression française, peu importe leur niveau, peuvent soumettre un discours », explique Derrek Bentley, le président national de Canadian Parents for French. Le concours accorde des bourses d’études qui varient en somme pour l’une des universités participantes.

Derrek Bentley. (photo : Raphaël Boutroy)

Anna Nevoit, une Manitobaine, a remporté la deuxième place dans la catégorie : français de base, intensif, enrichi, avancé au Concours d’art oratoire pour la saison 2021-2022. Elle a commencé à soigner son français en 6e année à la Chief Peguis Middle School: « J’ai commencé à faire attention au français en 6e année dans les cours obligatoires, à ce moment-là j’étais aussi dans le programme ukrainien. »

D’origine ukrainienne, Anna Nevoit est exposée à plusieurs langues depuis longtemps. Aujourd’hui, elle en parle quatre : « J’ai déménagé ici à sept ans, je parle le français, l’anglais, le russe et bien sûr l’ukrainien ».

Elle a poursuivi ses cours avancés en français au secondaire bien qu’elle soit inscrite dans un programme anglophone. Anna Nevoit explique l’importance du français pour elle : « J’ai trouvé le français vraiment facile à apprendre. Je le vois aussi comme un tremplin pour mon avenir, j’aimerais faire des études en français, au Québec ou peut-être dans un pays francophone. »

| Une histoire de famille

Anna Nevoit vient de terminer la 11e année, elle est déjà équipée d’une bourse pour ses études universitaires.

« J’ai hâte d’utiliser ma bourse, mais je veux refaire le concours l’année prochaine pour essayer de remporter la première place », dit Anna Nevoit avec entrain. Ses motivations pour poursuivre le concours sont multiples : « Mon enseignante, madame Lisa Bailey m’a beaucoup aidée et m’a beaucoup encouragée, je n’aurais pas réussi sans elle ».

Mais ce n’est pas tout, le Concours d’art oratoire est une affaire familiale : « Ma sœur, Maria Nevoit a aussi participé au concours, elle a remporté la 2e place dans la même catégorie quelques années avant moi. Maintenant, elle utilise sa bourse du concours pour étudier à Ottawa. »

En attendant d’avoir terminé ses études au secondaire, Anna Nevoit passera l’été à l’Université d’Alberta, intéressée par des programmes de science, technologie, ingénierie et mathématiques.

« Je pense faire mes études post-secondaires à l’Université d’Alberta. Ils offrent une bourse pour les lauréats du Concours d’art oratoire ».

Cet été, elle sera capable d’explorer le campus et aussi ses pistes d’études : « Je serai en stage dans la faculté de biologie. Je vais travailler surtout avec des oiseaux. J’ai hâte de découvrir Edmonton et l’Université d’Alberta pour déterminer si je vais utiliser ma bourse pour aller là. »

| La surconsommation

Quant au Concours d’art oratoire, Anna Nevoit a commencé à y participer dès la 6e année. « J’ai fait un discours pour la première fois en 6e année et j’ai beaucoup aimé le faire, c’est pour ça que j’ai continué et que je continuerai ». Le discours qui lui a permis de remporter la 2e place pour la saison 2022-2023 était braqué sur le sujet de la surconsommation.

« Au début, je pensais parler des organismes génétiquement modifiés, mais ce sujet était trop commun et la surconsommation est un problème que je remarque quotidiennement », explique Anna Nevoit.

« La surconsommation est un vrai problème. J’ai parlé de l’effet sur l’environnement à cause de la pollution ainsi que des effets de la surconsommation sur la santé et le comportement de la société », souligne-t-elle.

Le Concours d’art oratoire a survécu à la crise sanitaire en se penchant sur le mode virtuel et continuera à se produire, mais peut-être sous un format différent. Derrek Bentley explique : « On a remarqué que c’est possible d’avoir plus de participants avec un format virtuel. Lors des années à venir, on mélangera probablement le virtuel et les discours en personne. On veut encourager une plus grande participation ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici