Lillian Klausen est la présidente des des Éducateurs et éducatrices francophones du Manitoba. (photo : gracieuseté)

La Manitoba Teachers’ Society (MTS) a publié un guide du langage inclusif pour les écoles et les milieux de travail au Manitoba. Une ressource disponible en anglais et en français, une démarche que les Éducatrices et les Éducateurs francophones du Manitoba (ÉFM) voient d’un bon œil.

Par Ophélie DOIREAU

INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL – La Liberté

Dans une volonté de créer des espaces bienveillants et sûrs pour tous et toutes, la MTS a été mandatée en 2020 de voir à la création d’un guide pour les éducatrices et les éducateurs du Manitoba pour éviter des tournures de phrases qui pourraient exclure un groupe de personnes.

Lillian Klausen, présidente des ÉFM, se réjouit de la démarche. « C’est un long travail qui a eu lieu parce qu’il fallait s’assurer d’avoir plusieurs perspectives sur ce guide. Ce guide est sorti en même temps en français et en anglais.

« De plus ce guide n’est pas une traduction de l’anglais. On le sait, le français a des particularités, le genre a une importance significative dans notre langue. Alors qu’en anglais, ce n’est pas aussi présent. Ce qui veut dire que les deux langues ne rencontrent pas les mêmes difficultés lorsqu’il s’agit de langue inclusive. »

Tout au long du guide qui est divisé en plusieurs sections, la MTS met en garde contre ce qui pourrait faire sentir à une personne une exclusion tout en donnant des solutions à ce problème. Le guide donne l’exemple de la situation maritale d’une personne. Au lieu de faire référence au mari ou à la femme, on peut faire référence au partenaire.

Ce sont des petits gestes qui permettront à toutes les personnes de sentir que la société les accepte, comme l’indique Lillian Klausen. « C’est une demande qui est venue des enseignants parce qu’ils cherchent toujours à créer des espaces inclusifs et sécuritaires dans les salles de classe. Ils éprouvaient de la difficulté à trouver un langage inclusif.

« Il y avait une demande présente surtout en français où les ressources sont assez limitées. La langue évolue et, nous aussi, on doit veiller à évoluer en même temps que la langue. »

Quelques semaines après la sortie de ce guide, de la rétroaction a déjà été faite auprès des ÉFM et de la MTS. « On a eu beaucoup de commentaires positifs. Les enseignants et les enseignantes reconnaissent que c’est quelque chose d’important pour la salle de classe. Certains l’ont partagé avec leurs élèves pour qu’ils puissent avoir une ressource pour eux également.

« Non seulement les enseignants veulent utiliser un langage inclusif, mais ils veulent aussi que leurs élèves soient outillés pour que leurs camarades se sentent à l’aise dans la salle de classe. »

Lillian Klausen est déjà certaine que ce guide va trouver toute son utilité pour la rentrée de septembre. « En septembre et en octobre, on va offrir des sessions de formation dans le domaine du langage inclusif et on pourra également faire la promotion du guide.

« Les enseignants sont toujours en apprentissage alors si on apprend qu’il y a des façons de mieux faire, on va certainement mettre à jour nos cours. Dans le cas de ce guide, peut-être que des enseignants vont revoir leurs cours et les termes qu’ils emploient pour voir s’ils sont assez inclusifs.

« Il faut être conscient que ce changement ne va pas se faire du jour au lendemain. Il faut un certain temps pour prendre de nouvelles habitudes, il faut un peu de pratique. Surtout il ne faut pas hésiter à poser des questions lorsqu’on n’est pas trop certain de comment s’adresser à la personne. »

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