Alain Nadeau est pompier volontaire dans la caserne de La Broquerie. (photo : Raphaël Boutroy)

Agriculteur de formation et toujours en activité, Alain Nadeau est aussi connu pour son investissement chez les pompiers. Depuis 43 ans, il est pompier volontaire à la caserne de La Broquerie. Il détaille son histoire et l’évolution de ses responsabilités.

Par Jonathan SEMAH

Il en fait la mission de sa vie. À 62 ans, Alain Nadeau s’est toujours tourné vers les autres. C’est d’ailleurs sa définition du bénévolat. 

« Pour moi quand je pense même au mot bénévolat, je pense à faire des actions pour le public et la communauté. C’est simplement quelque chose qui me plaît et c’est un plaisir autant pour les gens que pour moi. Ça donne un sens à mes journées. J’aime servir les gens de bon coeur », ajoute-t-il.

Et servir, Alain Nadeau s’y connaît bien. À l’âge de 19 ans, il s’est engagé dans la caserne de pompiers de La Broquerie. Un choix naturel pour celui qui, à l’époque, voulait simplement aider. 

« Je voulais servir la communauté. J’avais le choix, il y avait plusieurs manières de contribuer, mais la plupart des choses qui m’étaient proposées étaient assez calmes et statiques. J’avais besoin d’un peu plus d’action, je voulais me sentir actif. Puis, j’ai pensé à la caserne, c’était beaucoup plus physique. En tout cas, plus que des assemblées ou des réunions! »

Bénévole également de temps en temps pour les Chevaliers de Colomb ou la Chambre de commerce de La Broquerie, être pompier est finalement la seule activité pour laquelle Alain Nadeau est resté si longtemps.

Et peut-être qu’en restant toujours avec les pompiers, Alain Nadeau a éveillé quelques vocations chez ses proches. En effet, plusieurs membres de sa famille ont fait du bénévolat dans cette activité ou même sont devenus professionnels. Une vraie fierté pour celui qui a reçu le prix de chef pompier volontaire de l’année 2017. 

« J’ai deux de mes garçons qui sont pompiers à Winnipeg et à La Broquerie. Une de mes filles est secouriste et aussi pompière. J’ai même des neveux qui ont tenté et ça leur a plu. C’est bien, ça leur fait de belles carrières. C’est satisfaisant de voir ça. Je ne les ai même pas vraiment poussés à se lancer. Ils ont simplement essayé par eux-mêmes et ils ont décidé de le faire et d’en vivre. »

| Une responsabilité qui évolue

Aujourd’hui, Alain Nadeau est éleveur de bisons dans une ferme à l’ouest de La Broquerie. Son engagement pour les pompiers reste intact et il remarque que, comme certains membres de sa famille, être pompier attire régulièrement et assez facilement de nouvelles recrues. 

« On est chanceux à La Broquerie, car le village grossit beaucoup depuis quelques années. Et quand on recherche de nouveaux bénévoles, beau-coup de gens appliquent. 

« Beaucoup de jeunes notamment aiment commencer chez nous. Il y a un bon moral dans notre équipe et on s’entraîne bien, ça doit donner envie de venir! Et les membres de mon équipe sont très dévoués à leur cause. »

Comme l’a indiqué Alain Nadeau, le village de La Broquerie grandit et avec cet accroissement, ses responsabilités changent aussi. Depuis une quinzaine d’années, il est le chef de la brigade et a vu ses fonctions évoluer en même temps que le village grandit. 

« Je dirais qu’être pompier est pas mal plus dur aujourd’hui qu’il y a quelques années. Quand j’ai commencé, on avait une quinzaine d’appels par an, aujourd’hui c’est plus d’une centaine. Il y a aussi de plus en plus d’accidents sur l’autoroute. Mes vingt premières années à la caserne, on a eu zéro décès. Maintenant, on en a deux à trois par an. »

| Un important dévouement 

C’est aussi une réalité de cet engagement. Un pompier peut être confronté à des drames. Alain Nadeau et son équipe ont appris avec le temps à vivre avec. Dans ce genre de cas, le dialogue est primordial. 

« On reste en groupe, on reste soudés. On est très proches et très solidaires à la caserne. On se fait des assemblées spéciales quand il y a un enchaînement de très mauvaises nouvelles. Parfois, des professionnels qui s’y connaissent dans ce genre de traumatisme viennent nous voir et l’on en parle. On fait simplement de notre mieux même si l’on n’est jamais vraiment prêts dans ce genre de situation. »

Alain Nadeau, à la tête d’une équipe de 30 personnes, apprécie aussi la solidarité et la reconnaissance qu’a la communauté pour cette fonction de pompiers. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle Alain Nadeau reste à la caserne après toutes ces années. 

« Je me suis toujours dit que je lâcherais mes responsabilités quand la deuxième génération après moi arriverait. Puis maintenant, ça fait 43 ans que je suis là, la génération d’après est arrivée et je suis encore présent! Il y a même les petits-enfants de certains avec qui j’ai commencé qui sont maintenant à la caserne! Je suis encore productif et en forme alors, pour l’instant, je reste encore un peu. »

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