Julie Turenne-Maynard, présidente du conseil d’administration du Centre Flavie, et Gilbert Vielfaure, directeur général. (photo : Marta Guerrero)

Plus d’espace, plus de dons, pour plus de clients desservis. C’est l’aspiration derrière le nouveau Centre Flavie, qui a ouvert ses portes le 1er septembre dernier. Après trois ans d’attente, de défis, mais surtout de solidarité, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour le Centre Flavie.

Par Morgane LEMÉE

Au matin du 30 août 2022, lors de l’inauguration officielle du nouveau Centre Flavie, le directeur Gilbert Vielfaure partage aux quelques 200 personnes présentes, avec humour, ses prières du jour exaucées. 

Mais la plus grande, c’est certainement la concrétisation de cette nouvelle bâtisse de 13 000 pieds carrés, dans laquelle on peut enfin entrer, au 301, rue Archibald, à Saint-Boniface.

Le cheminement de ce projet de grande envergure, qui a coûté au total 4,2 millions $,a été parsemé de défis. Mais cette aventure se finit bien. Aujourd’hui, le Centre Flavie n’est qu’à 200 000 $ d’être sans dette. Pour Julie Turenne-Maynard, présidente du conseil d’administration du Centre Flavie, c’est « un petit miracle ». (1) Et la mission du Centre Flavie n’arrêtera pas sa croissance ici. En ayant acquis plusieurs propriétés, ses gérants s’assurent de pouvoir agrandir les locaux autant que nécessaires, et ainsi de ne plus déménager. 

| Une demande criante

Au 1er septembre, jour officiel d’ouverture, le Centre Flavie a retrouvé un rythme de fourmilière. À 11 h 30, déjà 300 personnes étaient passées par ses portes. Dehors, des dizaines de personnes attendaient encore pour rentrer. Gilbert Vielfaure et Julie Turenne-Maynard confirment : « C’est tous les jours comme ça. Malheureusement, aujourd’hui, tout le monde ne pourra pas rentrer. »

À l’intérieur, les clients se fournissent en vêtements, meubles, articles de maison. Au fur et à mesure que les étagères se vident, les bénévoles, eux, réapprovisionnent. De 9 h à 13 h, le rythme ne s’arrête pas une seconde. 

Samenta Cineus et sa fille Makicha, lors du jour d’ouverture du nouveau Centre Flavie. (photo : Marta Guerrero)

Samenta Cineus, originaire d’Haïti et au Manitoba depuis huit ans, est venue aujourd’hui avec sa fille, Makicha. Elle est arrivée à 8 h 30, pour finalement rentrer vers 11 h. « Si vous ne venez pas tôt, vous n’allez rien trouver. Je voulais des meubles, mais ils ont tous déjà été ramassés. Mais j’ai trouvé un aspirateur et des choses de décoration. »

Pour Michele Pérez, originaire de la République dominicaine et au Manitoba depuis 12 jours, le Centre Flavie est un des premiers arrêts avant d’emménager. « C’est la première fois que je viens ici. Au moment où je suis rentrée, il y avait déjà beaucoup de monde passé avant moi. Mais j’ai trouvé des choses que je voulais. C’est une belle initiative, ça m’aide pour la maison. »

Cette cohue au Centre Flavie, dès son jour de réouverture, est la preuve criante qu’il y a toujours des besoins. Pour Julie Turenne-Maynard, avec ce nouvel édifice, il y a au moins maintenant la place d’accueillir toutes ces personnes, la place de circuler. Mais il y a toujours besoin de plus. Gilbert Vielfaure : « On a une centaine de bénévoles qui donnent 14 000 heures par année. Aussi impressionnant que ça soit, on cherche à augmenter de 50 %, même plus. Nous apporter des biens, c’est important, tout en se souvenant qu’il est difficile pour nous de payer les factures avec des biens que l’on donne. Les dons monétaires sont nécessaires pour l’opération quotidienne du Centre. »

Les nouveaux lieux vont également permettre de collaborer avec des écoles et d’offrir aux jeunes une expérience de bénévolat en groupe. Une volonté de longue date que l’ancien lieu ne pouvait exaucer. 

Michele Perez, arrivée au Manitoba depuis 12 jours, s’approvisionne au Centre Flavie. (photo : Marta Guerrero)

| Innover pour mieux aider

Deux nouveaux projets émergent avec le nouveau Centre Flavie : des jardins communautaires, sur le terrain, au bord de la rivière Seine, et la création de la Boutique Unique (2). Julie Turenne-Maynard explique ce projet d’entreprise sociale : « Ça faisait plusieurs années que l’on mettait certaines choses à vendre, sur Kijiji par exemple. On reçoit des choses qui ne sont pas nécessaires pour nos clients, comme des frigos, des articles de décoration ou des antiquités. Nos ventes en ligne avaient du succès, mais là, on formalise avec notre propre boutique. »

Le principe : les clients d’abord. Si ça ne part pas, les articles sont mis en vente sur la boutique en ligne, avec un système d’encan, dont tout le monde peut profiter. On peut ensuite les ramasser au Centre Flavie. 

Gilbert Vielfaure : « Une plus grande place nécessite plus de dépenses. Boutique Unique va permettre aux gens d’acheter des articles hors de l’ordinaire, mais aussi de prélever des fonds pour garder le Centre en bonne santé, boucler notre budget, payer nos factures. Cela nous aide à devenir plus autonomes financièrement et moins en fonction de sources extérieures. Et donc à nous concentrer davantage sur notre mission, qui est d’aider ceux dans le besoin. » 

(1) Voir l’article de Gautier Calon, dans La Liberté du 30 mars 2022, pour connaître les détails du projet de 4,2 millions $ au total. 

(2) Rendez-vous sur shopboutiqueunique.com, quand le site web sera opérationnel, courant septembre.

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